Dog Red a écrit:
Dans l'organisation OTAN, ce sont les marines belge et néerlandaise qui ont l'expertise de la guerre des mines (expertise qui remonte à la Seconde Guerre mondiale au sein des forces libres en Angleterre armées et instruites par la Royal Navy).
De fait, les compétences néerlandaises dans le déminage navale remontent à la "Der des Ders", car ils avaient beau avoir été non-belligérants, les approches de leurs mouillages nationaux avaient souvent été minés par la
Kaiserliche Marine, tandis que sur l'autre rive de la Manche et de l'entrée de la Mer du Nord, les Brits avaient mouillé leurs propres champs de mines! Dans les deux cas, vue la profondeur des fonds, il s'agissait essentiellement de champs de mines à orin; la mine flottant entre deux eaux, était captive d'une "ancre de fond", par le biais d'un câble raccordé (
orin), mais, quand la mer était de "mauvaise humeur", la fixation de l'orin avait souvent tendance à se rompre et, dès lors, la mine devenait dérivante ( le piège à c.. par excellence!

)
Les coordonnées géographiques des "limites" des champs de mines (latitude, longitude) de "couvertures d'approches" étaient soigneusement enregistrées, de leurs côtés, par chacun des belligérants, ne serait-ce que pour éviter que leurs propres bâtiments n'en soient, eux-mêmes, victimes, d'où la mise en place de chenaux clairs et bien identifiés, ainsi qu'une zone "d'eau libre" aménagée entre le rivage et les limites intérieures du champ de mines.
Les "Bataves" disposaient d'une importante flotte de chalutiers et de caboteurs, qui, au passage, pour les premiers, revendaient essentiellement leurs pêches aux allemands, les seconds acheminant, souvent pour le compte des mêmes, des cargaisons "commerciales" nécessaires. "L'idéal", pour les Allemands, aurait été de communiquer aux Néerlandais, les coordonnées géographiques des champs de mines "mouillés" et des chenaux libres, sauf qu'il y avait "9 chances sur 10" que l'info, alors, aille échouer sur le bureau du service concerné de la Royal Navy dans les "24 heures suivantes" et "lycée de Versailles" pour les champs de mines britanniques.

... D'où l'expérience nécessaire acquise par la marine hollandaise dans le domaine du déminage naval, pour tenter d'assurer, autant que faire ce peut, la libre circulation de sa flotte marchande et de pêche!
Hormis les "mines à orin" qui rompaient accidentellement leurs câbles et devenaient, alors dérivantes, les mines navales dérivantes n'étaient larguées et mouillées qu'en "haute mer", par exemple aux approches de la côte occidentale britannique - Lord Kitchener avait ainsi sombré, le 5 juin 1916, à bord du bâtiment qui l'emmenait en Russie, faisait prudemment route depuis un port britannique, un poil "paumé", situé sur la côte occidentale septentrionale britannique, mais qui avait eu le malheur d'entrer en collision avec une mine dérivante!
La mine dérivante a toujours été, quelque étaient sa nationalité et celle du bâtiment qui entrait en collision avec elle, une vraie "saloperie" très difficilement repérable, à moins (et encore!) de marcher à très faible vitesse (guère plus de 5 nœuds) et de devoir placer en veille et en proue une bonne quinzaine de matafs munis de jumelles, particulièrement attentifs et relevés très régulièrement par quart de "2H00" au maximum (!).
Çà pouvait fonctionner par beau temps (!), durant la période diurne, suivant la saison et les latitudes nordiques, entre 6H00/8H00, le matin et, en fin de journée, entre 17H00 et 21 H30, mais à partir du niveau des Tropiques (Cancer, Capricorne) et de l’Équateur, en gros, quelque soit la saison, la période diurne s'étend entre 06H00/18H00. Avec, dans les deux cas, une fois la nuit tombée, une incapacité visuelle évidente des équipes de veilles!
Dans les premières années de la "
Der des Ders", la
Kaiserliche Marine, quand elle se retrouvait en situation d'être chassée avait pour usage de larguer des mines dans son sillage, afin de contraindre son "chasseur" à modifier sa route et, ainsi, empêcher sa "chasse". C'est la situation qui était survenue , lors de l'échauffourée de
Dogger Bank, fin janvier 1915, entre les croiseurs lourds de
Hipper et les
battlecruisers de
Betty... sauf que ce largage volontaire à l'entrée méridionale de la Mer du Nord et l'existence de ces mines dérivantes s'étaient, eux-même, avérés poser problème à la marine allemande...d'où la mise en place d'un dispositif d'auto-destruction à délai programmé de la mine dérivante.
La
Der des ders est, désormais, souvent très lointaine et oubliée - largement plus d'un siècle de nos jours!

- , mais, en tenant compte des moyens techniques existants, en août 1914, qu'il s'agisse de ceux des "Belligérants" ou , même, des "Neutres", il y a un paquet de domaines militari-techniques, qui, hélas, n'avaient pu être "perfectionnés" et "corrigés" qu'à la lumière de la situation de guerre existante!