Je poursuis dans la lignée de ce fil consacré aux occasions manquées de l'été 1940 : viewtopic.php?f=23&t=18473
Au lendemain du 3 juillet et face à la détermination évidente de Churchill à poursuivre le combat par tous les moyens, Hitler se demande comment faire céder l’Angleterre. Il choisit l’attaque frontale par voie aérienne en espérant que cela suffise, puis devant son échec, l’invasion de l’URSS l’année suivante.
Mais une attaque réussie contre les positions britanniques en Égypte n’aurait-elle pas permis de renverser Churchill et d’amener au pouvoir les partisans du compromis ? Si Alexandrie était tombée et avec le risque de la prise prochaine du Caire et surtout du canal de Suez, Churchill serait-il resté au pouvoir ? Il est possible que non car allait-on risquer outre-Manche de perdre une partie hautement stratégique de l’empire ? Il est vrai que l’empire subira la perte de Hong-Kong, de la Malaisie, de Singapour et de la Birmanie mais cela sera alors largement compensé par l’entrée en guerre des États-Unis. Pour le moment l’Angleterre combat seule et les États-Unis et l’URSS ne sont pas près d’entrer en guerre à leur côté.
De plus, une stratégie méditerranéenne nécessite peu de moyens et peut aboutir rapidement, sans remettre en cause donc, une éventuelle invasion de l’URSS l’année suivante.
Dès le début du mois de juillet 1940 donc, Hitler peut proposer à Mussolini des attaques conjointes sur Malte et en Égypte.
L’attaque sur Malte peut avoir lieu au mois de septembre après une préparation de 2 mois, l’Allemagne fournissant les parachutistes et quelques escadrilles aériennes en renfort et l’Italie l’appui naval et des troupes pour un débarquement. Les défenses de Malte sont alors nettement insuffisantes pour résister à un assaut.
L’invasion de l’Égypte peut être programmée pour le mois d’octobre après un délai de préparation d’au moins 3 mois. L’Italie rapatrie préalablement quelques unités stationnées en Tripolitaine suite à l’armistice conclu avec la France et peut ainsi consacrer le maximum de moyens logistiques à la force d’invasion. Au sol une Panzerdivision et les 6 bataillons motorisés italiens totalisant en tout plus de 220 chars suffisent a priori. De toute façon il est difficile d’engager efficacement plus de moyens à cause des problèmes de logistique. Dans les airs les 300 avions italiens positionnés peuvent être appuyés par quelques escadrilles allemandes.
En face les britanniques disposent de la 7e armour division, de la 6e division d’infanterie indienne, et seulement 65 tanks et de 205 avions dont la moitié sont obsolètes.
Premier objectif : Bousculer les britanniques et atteindre rapidement le port d’Alexandrie situé à environ 500 kilomètres de la frontière.
Second objectif : Le canal de Suez et Le Caire situés environ 200 kilomètres plus loin à l’Est et au Sud-Est.
L’éventualité de la prise imminente du canal oblige la Royal Navy à évacuer la Méditerranée orientale pour ne pas risquer s’y retrouvée prise au piège. Du coup la flotte marchande italienne peut acheminer des troupes d’occupation et du ravitaillement directement via le port d’Alexandrie.
L’opération peut être achevée avant la fin de l’année. Si elle échoue, les pertes humaines et matérielles ne peuvent être que relativement minimes. Si elle réussit, les Britanniques demandent l'armistice avant qu'il ne soit trop tard ou sont chassés de la Méditerranée orientale et se voient désormais menacés au Soudan et au Moyen-Orient. Bref, l'Axe avait beaucoup à gagner et peu à perdre.

Se Connecter









dans: