
, Prosper, de nous indiquer le bilan indiqué par Benoit Rondeau.
Néanmoins, même, il n'est nullement question de le remettre en cause, avec le boulot de recherche que, très modestement, Roger (Roco) et ton serviteur avons effectué, nous sommes en mesure, avec toutes les réserves d'usage, de pouvoir établir un bilan "presque précis" des pertes allemandes durant l'Opération
Merkur... tout en nous limitant aux seules pertes des paras allemands - la
7. Flieger-Division, dont "l'infanterie" aéroportée et parachutée était, alors, constituée de deux régiments,
1. Fallschirm-Regiment "renforcé" et
2. Fallschirm-Regiment ("au complet") - et des
Gebirgsjäger - d'après mes lectures, pour ces derniers, il s'agissait de quatre régiments, trois de la
5. Gebirgsjäger-Division, renforcés par un régiment de la
6. Gebirgs).
Là, il y avait eu plusieurs problèmes :
Déjà, les "chasseurs alpins allemands" ne disposaient d'aucune instruction, même de base (!), sur leur acheminement aéroporté! En principe, il n'y avait que la
22. ID, qui, dès 1939, avait bénéficié d'une formation "aéroportée"... sauf que, au printemps 1941, elle avait spécialement été missionnée pour assurer la protection des champs de pétrole de Ploesti - le Haut-Etat Major allemand n'étant pas, lui, non plus, épargné par les décisions "imbéciles"!

- et sachant que son délai de transfert depuis la Roumanie aurait sérieusement compromis les contraintes d'urgence de déclenchement de l'Opération
Merkur.
Le gros du matériel "lourd" et une bonne partie des
Gebirgsjäger avaient été embarqués sur la flottille, déjà évoquée, constituée de 63 "
caïques", des chalutiers grecs réquisitionnés dans l'urgence, en bois et à "propulsion mixte" - une voilure complétée par une machine à vapeur "auxiliaire" -; on en a un bon exemple visuel - à la limite " presque trop performant"!

- dans la première partie du célèbre film, "
Les Canons de Navarone", cette flottille étant complété par 7 malheureux petits cargos de cabotage côtier, sur lesquels, on avait embarqué le matériel d'appui lourd destiné aux
Fallschirm et
Gebirgsjäger et les quelques Panzerounets détachés par la
5. Panzer.
Pas de bol, constituée en deux "flottilles" distinctes - l'Osprey Campaign N° 147, publié en 2005, évoque, lui, "trois flottilles" - et bien qu'escortée par des bâtiments de la marine italienne, dans la nuit du 21 au 22 mai 1941, elle avait eu le malheur de se trouver sur la route de la Royal Navy! Ce n'est pas très simple, faute d'infos précises, mais il semble que les cargos avaient, alors, coulé avec leur chargement, tandis qu'une bonne partie des "caïques" n'avait pas survécu à l'arrosage d'obus explosifs effectué par les Brits.
Les pertes humaines allemandes, lors de cette "rencontre", étaient restées limitées, car, d'après les états exploités, elles n'auraient pas dépassé 90 tués et disparus, grâce à la présence proche des bâtiment d'escorte; mais, l'arrivée imprévue de la RN avait "généré" un boxon monumental.
D'après les relations sérieuses écrites, une partie des flottilles "survivantes" aurait, alors, fait demi-tour, pour rentrer au Pirée. Il est plus que probable que, pour des raisons d'urgence, les Allemands, faute de pouvoir disposer d'une nombre suffisant de matafs, capables de prendre la barre de ces "caïques", avaient été contraints, moyennant "pépètes", de devoir réquisitionner, également, leurs patrons, leurs mécanos, et, éventuellement, leurs maitres-de-manoeuvres!
Seuls, un certain nombre de "caïques", en ordre dispersé (!), avait pu finalement débarquer sur les plages et dans les criques crétoises du rivage septentrional, leurs contingents de
Gebirgsjäger, mais leur engagement s'était malheureusement retrouvé des plus limités, voire trop tardif!
Il y a, à propos de la défense mise en place en Crète, un "détail" qu'il convient, non plus, de ne pas oublier! Elle était officiellement constituée de 27 500 "pinpins" (Brits et Commonwealth), de 14 000 autres, grecs, dont une garnison locale de 5000 hommes, et 24 blindés... soit, en gros, avec le vent dans le dos, pour les "Teutons", au mieux, lors du déclenchement de l'attaque, un ratio de combattants de 2:1 en leur défaveur!
Cà ne s'était pas arrangé, lors de l'opération de largage pour s'emparer des terrains d'atterrissage, car les Brits, ayant convenu que l'assaut aéroporté était la seule solution possible pour "l'Attaquant", avaient pris leurs dispositions, pour les flinguer "au plus près" de leurs zones "probables" de parachutage ou de dépose!
Comme il n'y avait pas eu d'effet de surprise, çà avait abouti à un "
aimable carnage", dont les pertes immédiates allemandes, tout en restant +/- discrètement glissées sous le tapis, avaient eu, néanmoins, pour conséquences premières, la décision hitlérienne de ne plus mener une opération aéroportée d'envergure, et de retrouver, comme l'a précisé Roger, les
Fallschirmjäger se contentant, désormais de jouer le rôle d'une "'infanterie d'élite de luxe".
D'après la pêche de nos différents documents d'archive, les pertes allemandes, en Crète, s'étaient élevées à :
Luftwaffe (troupes parachutées et aéroportées) :
Morts : 1064
Disparus : 1862
Blessés: 1676
soit, un total de 4602
Infanterie allemande (Gebirgsjäger), à peu de choses près, pour la période de l'Opération Merkur:
Morts : 417
Disparus : 474
Blessés: 574
soit, un total de 1465
Si on additionne les cumuls des deux états, çà nous donnerait un bilan global de 4602 + 1465 = 6067 pertes humaines déclarées, qui, a vue de nez correspondrait à largement plus du tiers de l'effectif des troupes engagées sur le terrain, en oubliant, au passage, le personnel volant allemand et les équipages de la
Kriegsmarine engagés pour assurer les approches de l'Ile, durant l'Opé.
Compte-tenu de l'importance des pertes enregistrées durant les premières heures, l'état-major local allemand avait été "à deux doigts" de devoir ordonner l'arrêt de l'attaque, puis "se débrouiller" pour évacuer la Crète; de surcroit, la population locale, qui était très loin de fraterniser avec le troufion "Brit" et, même, avec celui d'origine "grecque continentale"

, avait organisé "une chasse impitoyable et mortelle" aux combattants allemands blessés et isolés, actions qui avaient abouti à de véritables "boucheries"... mais chut!
D'après les études existantes, les Allemands avaient, alors, pu bénéficier d'un état-major de "terrain" très compétent et d'un encadrement d'officiers subalternes et sous-officiers de grande qualité - mais qui avait été très sérieusement clairsemé et appauvri à l'occasion de ses combats.
A l'inverse, il semble que l'état-major britannique - qui avait aussi hérité de l'autorité sur les troupes grecques - était globalement resté, jusqu'au bout, "
mou du genou", alors qu'au déclenchement de l'Opération Merkur, il disposait de l'avantage des moyens et des positions. Les troupes "britanniques" avaient assumé une défense de très grande qualité... sauf que çà ne suivait pas, au sein de son Haut-Etat-Major, situation qui avait "pourri" la communication hiérarchique au plus haut niveau divisionnaire, avant de "contaminer" une bonne partie des commandements régimentaires! Du côté "brit", on s'était, certes, retrouvé, à l'exemple allemand, avec de jeunes officiers subalternes pugnaces, sauf que, côté allemand, ils étaient soutenus par leur hiérarchie, ce qui n'était pas le cas, côté britannique!