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L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

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L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Loïc  Nouveau message 20 Déc 2025, 01:44

sorti en septembre 2023 l'occupant Italien dans le sillage l'ombre et paravent de l'allemand

L’autre occupation
L'Italie fasciste en France - 1940-1943

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De 1938 à 1940, l’existence d’un programme de revendications territoriales de l’Italie fasciste sur la France et le renforcement de l’Axe Rome-Berlin rendent impossible une entente réelle franco-italienne et conduisent au contraire à l’entrée en guerre de l’Italie contre la France le 10 juin 1940. Malgré une bataille des Alpes peu couronnée de succès mais grâce à la signature d’une convention d’armistice, l’Italie de Mussolini peut occuper de facto une partie du territoire métropolitain français. Quoique limitée dans sa superficie du 25 juin 1940 au 11 novembre 1942, l’occupation italienne se développe avec ses propres caractéristiques et s’inscrit dans une configuration géopolitique nouvelle. L’occupation incarne ainsi la revendication fasciste d’une place privilégiée au sein du nouvel ordre européen mais aussi la réalisation possible des ambitions territoriales énoncées depuis 1938, les deux au détriment de la France. L’extension de l’Occupation, du 11 novembre 1942 au 8 septembre 1943, semble accentuer dans un premier temps cette emprise italienne sur la France et son territoire, mais la politique souveraine de l’occupant italien est éphémère puisque deux mois à peine après la chute du gouvernement fasciste, le 25 juillet 1943, l’Italie signe l’armistice avec les Alliés mettant fin à la domination italienne sur la France.


Le 24 juin 1940, deux jours après la signature de l’armistice de Rethondes entre la France et l’Allemagne nazie, est signé, à Villa Incisa près de Rome, celui entre la France et l’Italie fasciste. Débute alors l’occupation par les troupes italiennes d’une zone comprenant, du nord au sud, des territoires de la Savoie, des Hautes-Alpes, des Basses-Alpes et des Alpes-Maritimes. La zone s’étendra jusqu’au Rhône et sur toute la Corse à partir de novembre 1942, à la suite de l’entrée en zone libre des troupes allemandes et italiennes en représailles du débarquement allié en Afrique du Nord.
Cette « autre occupation » est ici retracée dans tous ses aspects : militaire, diplomatique, économique, culturel, etc. Puisant dans une impressionnante somme d’archives, Diane Grillère montre la continuité des revendications du fascisme italien sur la France depuis la marche sur Rome – en premier lieu l’ancien comté de Nice et la Savoie – jusqu’aux débuts de l’occupation. Parfois utilisée par Vichy pour réaffirmer son autorité face au Troisième Reich, l’Italie se révèle pourtant à travers ses ambitions territoriales en France tout sauf un simple satellite de l’Allemagne. Mussolini, tout en étant partenaire du « Nouvel Ordre européen », veut mener une guerre parallèle et maintenir sa propre politique expansionniste. D’intenses manœuvres sont ainsi planifiées, notamment sur le plan économique, pour exploiter les entreprises françaises susceptibles de soutenir l’effort de guerre italien. Enfin, est ici détaillée l’attitude italienne envers les Juifs et la Résistance, permettant de nuancer l’image d’un occupant brava gente, presque « bienveillant ».
Un ouvrage pionnier pour comprendre une réalité trop longtemps méconnue de l’occupation de la France pendant la Seconde Guerre mondiale.


Agrégée et docteure en Histoire, Diane Grillère a été directrice des projets pédagogiques et numériques à la Fondation Charles-de-Gaulle. Elle enseigne en classe préparatoire au lycée Marcelin Berthelot.


Recension sur la Cliothéque par LAURENT BENSAID
https://clio-cr.clionautes.org/lautre-o ... -1943.html

Diane Grillère consacre cet ouvrage à l’occupation italienne en France. En situation de non-belligérance entre septembre 1939 et le 10 juin 1940, l’Italie entre tardivement en guerre.

Tenue en échec dans les Alpes, l’armée italienne parvient à occuper de la ville de Menton. Un armistice est signé à la Villa Incisa à Ognia près de Rome le 24 juin 1940 qui permet à l’Italie d’occuper Menton et quelques communes alpines. Le 11 novembre 1942, l’invasion de la zone libre lui permet d’étendre son occupation jusqu’au Rhône, mais cette occupation, déjà réduite avec la chute de Mussolini ne dure que jusqu’à l’armistice signé entre les Alliés et l’Italie le 3 septembre 1943.

Ce sont ces deux périodes de l’occupation qu’étudie Diane Grillère. Elle a réalisé un très important travail de consultation et d’utilisation des archives, en particulier celles de la commission d’armistice, la CIAF, ainsi que des archives militaires italiennes.

L’ouvrage est d’abord un ouvrage géopolitique. Il étudie les ambitions impériales et conquérantes de l’Italie fasciste qui conduisent Mussolini à s’allier à l’Allemagne nazie et à entrer en guerre contre la France. Toutefois, il existe un décalage entre les grandes ambitions mussoliniennes, reportées en fait à la réorganisation de l’Europe et de l’espace méditerranéen après la victoire éventuelle de l’Allemagne et de l’Italie et la prudence et la modération des autorités italiennes pour ce qui est de la réalité de l’occupation. Il ne faut pas oublier que l’Italie n’est pas seule et qu’elle doit tenir compte de deux autres acteurs, l’Allemagne nazie et la France de Vichy. L’auteure étudie également la réalité de l’occupation. Elle montre ainsi la tentative de fascisation de la ville de Menton. Après novembre 1942, les enjeux deviennent plus importants : exploitation économique, protection des Juifs réfugiés en zone italienne face à l’Allemagne et à Vichy, lutte contre la Résistance.

La consultation de cartes peut s’avérer utile. On peut trouver en ligne par exemple deux cartes des zones d’occupation dans un article de Diane Grillère paru dans la revue italienne Studi di Storia Contemporanea –Diacronie no 4/ 3 / 2010.

La défaite française et la signature de l’armistice
Dans la deuxième moitié des années 1930, les relations franco-italiennes se dégradent. La France soutient la politique de sanctions de la SDN contre l’Italie lors de la guerre d’Ethiopie et critique l’engagement de l’Italie fasciste aux côtés de Franco au mépris de l’engagement de non intervention. Surtout l’Italie fasciste se rapproche de l’ Allemagne nazie, dont les objectifs révisionnistes, c’est-à-dire de révision de l’ordre internationale établi, conviennent aux projets impériaux de Mussolini, qui dans les faits est le seul maître d’œuvre de la politique étrangère italienne avec son ministre des Affaires étrangères Galeazzo Ciano (1903-1944) qui est aussi son gendre. Le 22 mai1939, le pacte d’Acier renforce cette alliance. Lors du déclenchement de la Seconde guerre mondiale l’Italie, arguant de son impréparation, bien réelle d’après les militaires italiens, se déclare en état de non-belligérance, mais le 10 juin 1940, elle entre en guerre contre la France.

Du 21 au 24 juin 1940 se déroule «la bataille des Alpes». Occupant des lignes de position solides sur la «ligne Maginot des Alpes» et bien commandées par le général Olry, les troupes françaises parviennent à tenir en échec les troupes italiennes dans les Alpes. Les troupes italiennes parviennent à s’empare de Menton. L’ avance allemande dans la vallée du Rhône et la signature de l’armistice de Rethondes, conduisent à l’arrêt des combats.On peut citer la justification que donne Mussolini à Hitler de la faible combativité des troupes italiennes : «C’est la matière qui me manque. Michel-Ange avait aussi besoin de marbre pour faire ses statues. S’il avait seulement eu de l’argile, il n’aurait été que céramiste. Un peuple qui a été enclume pendant seize siècles ne peut en quelques années, devenir marteau.»

L’armistice franco-italien est signé à la Villa Incisa à Olgiata près de Rome le 24 juin 1940. Mussolini qui avait envisagé une vaste occupation, se contente de l’occupation de quelques communes alpines et de la ville de Menton, à laquelle s’ajoute une zone démilitarisée de cinquante kilomètres à l’puest de ces territoires. L’armistice est beaucoup moins contraignant que celui signé avec l’Allemagne ; il comporte des clauses sur la démilitarisation de la zone d’occupation et sur la suppression des barrières douanières, mais contrairement à l’armistice franco-allemand, il ne comporte pas d’articles sur le versement d’indemnités d’occupation ni sur la livraison de réfugiés antifascistes. La commission de contrôle veille à la démilitarisation par la France de la zone d’occupation ainsi qu’au le trafic maritime en Méditerranée et surveille les industries d’armement

Mécanismes d’occupation et relations diplomatiques ( juin 1940-novembre 1942)
L’Italie occupe donc une faible partie du territoire français. 13 communes, des communes de la Haute-Tarentaise et de la Haute-Maurienne et la ville de Menton, soit 830km2, des territoires comptant 28 000 habitants dont 21 000 à Menton.

La politique d’occupation est définie par la convention d’armistice et par la décision administrative ou bando de Mussolini du 30 juillet 1940. Les fonctionnaires civils français sont maintenus en place mais ils sont placés sous l’autorité de commissaires civils italiens dépendant eux-mêmes du commandement militaire. Cette organisation pourrait être le prélude à une annexion. En matière économique, les barrières douanières entre l’Italie et les territoires occupés sont supprimées et les banques italiennes cherchent à renforcer leur présence dans ces territoires.

L’Italie entend marquer sa souveraineté sur ces territoires. En juin 1940 Mussolini et le roi Victor –Emmanuel III se rendent en Haute-Maurienne; Mussolini souhaiterait prendre pour modèle l’annexion par l’Allemagne de l’Alsace-Moselle mais dans les faits l’occupation italienne est beaucoup moins contraignante.

Peut-on malgré tout parler d’italianisation et de fascisation ?
Ce n’est pas le cas pour les communes alpines, mais la situation de Menton est plus complexe et peut apparaître comme une sorte de «laboratoire» préludant à une annexion. Des organisations fascistes s’installent à Menton : le parti fasciste lui-même, mais aussi une section des Balillas et une section du Dopolavoro, l’organisation de loisirs fasciste. De la même manière, les milieux économiques italiens cherchent à accroître leur implantationà Menton. Cependant, les autorités italiennes d’occupation demeurent prudentes et critiquent l’activisme des fascistes locaux préférant une italianisation progressive .

Cette prudence se retrouve dans les projets d’expansion souhaitée par certains au-delà de la zone d’occupation, en particulier jusqu’à Nice. Il existe à Nice des courants favorables au rattachement de la ville à l’ Italie, le journal Il Nizzardo ou la société Dante Alighieri. Par ailleurs, la grande figure du Risorgimento, Giuseppe Garibaldi était né à Nice en 1807, l’ un de ses petits-fils le général Ezio Garibaldi3 envisage une… «marche sur Nice» ! Mussolini le reçoit avec bienveillance, mais dans les faits les autorités italiennes adoptent une politique prudente et s’opposent à toute politique d’expansion avant la fin de la guerre. De même, les visées des milieux d’affaires italiens sur les grands hôtels de la Riviera ne semblent pas avoir donné de résultats concrets.

La prudence des autorités italiennes s’explique par les projets géopolitiques de l’Italie, mais aussi par le fait que l’Italie doit tenir compte de deux autres acteurs : la France de Vichy et surtout l’Allemagne nazie. Mussolini a incontestablement des visées impériales. Il s’agit d’affirmer la puissance italienne autour de la Méditerranée et de reconstituer la puissance de l’empire romain. En ce qui concerne la France, il s’agit de mener une politique d’annexion : Nice, la Corse sont considérés comme « territoires irrédentes», la Tunisie et Djibouti. Le cas de la Savoie est discuté. Cependant, les autorités fascistes reportent ces annexions à l’après-guerre lors d’une éventuelle constitution de zones d’influence par l’Allemagne et l’ Italie. Les relations avec les autorités de Vichy sont complexes. Les autorités italiennes voudraient limiter l’influence de Vichy : en septembre 1941, lors d’une visite de Pétain en Savoie, elles interdisent le passage entre la zone d’occupation et la Savoie.

De leur côté, les autorités françaises mènent une politique fluctuante. Elles songent d’abord à s’appuyer sur l’Italie contre l’Allemagne, mais les projets d’annexion italiens conduisent plutôt les autorités de Vichy à rechercher le maintien du statu quo voulu par l’ Allemagne. De toute façon, pour Vichy, l’essentiel de la collaboration se fait avec l’Allemagne. Le 10 décembre 1941, le comte Ciano, ministre des Affaires étrangères rencontre à Turin l’amiral Darlan, alors chef du gouvernement. Peu d’éléments concrets en ressortent si ce n’est la nomination à Paris d’un représentant de l’Italie auprès du gouvernement français. La France accepte cependant de transporter pendant quelques mois des vêtements et des camions italiens camouflés en camions français de Marseille à la Tunisie, alors que l’Italie est engagée dans la guerre contre l’Angleterre en Libye, transports interrompus sans doute pour ne pas indisposer les Etats-Unis.

Le troisième acteur est l’Allemagne nazie. Le projet d’Hitler était de démembrer et d’affaiblir la France, mais tant que la guerre dure, il souhaite poursuivre le pillage économique de la France et s’appuyer sur le maintien de l’ordre que lui assure Vichy. Il redoute surtout que l’Afrique du Nord ne passe du côté des gaullistes. Les dirigeants nazis donnent donc leur accord de principe à un partage de l’Europe et de l’espace méditerranéen en zones d’influence entre l’Allemagne et l’Italie mais ils reportent ces projets à l’après-guerre.

Réalité éphémère d’un projet d’occupation «totale «( novembre 1942-septembre 1943)
Le 11 novembre 194, les troupes allemandes et italiennes envahissent la zone libre. La zone d’occupation italienne suit à peu près «la ligne du Rhône»,les Allemands s’étant réservés quelques zones stratégiques de Lyon à Nantua et de Toulon à Avignon. La Corse est également occupée par 80 000 soldats italiens et des chemises noires, soit environ un occupant pour trois habitants. Les autorités italiennes cherchent avant tout à assurer la sécurité de leurs troupes mais laissent subsister les administrations civiles. L’extension de l’occupation soulève de nouveaux enjeux.

Des enjeux financiers et économiques
La France doit contribuer à l’entretien des troupes d’occupation et doit verser une contribution d’un milliard de Francs par mois. Les autorités italiennes sont intéressés par les industries électro-métallurgiques et électro-chimiques de la Savoie et de l’Isère. Plusieurs missions d’études sont menées par des industriels et des ingénieurs italiens en vue d’un éventuel contrôle des entreprises françaises par des entreprises italiennes. En fin de compte, cette solution ne paraît pas réalisable et les industriels italiens préfèrent maintenir l’autonomie des firmes françaises, tout en leur passant des commandes financées en partie par les indemnités d’occupation. Fiat achète ainsi des aciers spéciaux à des entreprises françaises. Toutefois la politique italienne se heurte à celle de l’Allemagne, un certain nombre d’entreprises comme Péchiney travaillant déjà largement pour l’Allemagne. Les commandes italiennes permettent à une partie des ouvriers d’échapper au STO, malgré les pressions allemandes.

La protection des Juifs
Après l’occupation de la zone libre, de nombreux Juifs se réfugient en zone italienne. Comme le souligne Marie-Anne Matard–Bonucci, les dirigeants italiens mènent une politique «schizophrène», les lois antijuives étant en vigueur dans la péninsule alors que les Juifs sont protégés dans la zone d’occupation. Cette politique est mise en œuvre au plus haut niveau de l’Etat italien, le ministère des Affaires étrangères italien ayant informé Mussolini et Ciano des exactions allemandes. À l’échelle de la zone d’occupation, le banquier Angelo Donati incite les autorités italiennes à prendre les Juifs sous leur protection. Certains Juifs sont assignés à résidence mais dansl’ensemble les autorités militaires et civiles protègent les Juifs. ÀNice, les autorités italiennes suppriment les restrictions de circulation imposées aux Juifs par le préfet des Alpes-Maritimes. Les préfets de Vichy envisageant d’interner les Juifs étrangers et surtout d’expulser les Juifs étrangers vers la zone d’occupation allemande, les autorités italiennes s’opposent à ces mesures. Après la chute du régime fasciste en août 1943, les autorités italiennes proposent aux Anglo-Saxons d’accueillir 30 000 Juifs en Afrique du Nord, projet qui n’aboutit pas. Un débat historiographique existe concernant la politique italienne. L’historien Léon Poliakov met l’accent sur la «justice et l’humanit» des autorités italiennes. L’historien Davide Rodogno voit dans la politique italienne un moyen pour l’Italie d’affirmer sa souveraineté face aux Allemands et à Vichy. À la lecture de l’ouvrage de Diane Grillère, il est difficile de trancher le débat ; sans doute les deux éléments sont-ils entrés en ligne de compte. Peut -être aussi, les autorités militaires italiennes n’ont-elles pas voulu se rendre complices de la politique d’extermination nazie, dont elles connaissaient plus ou moins précisément l’existence.

La Résistance
L’occupation italienne de la zone libre correspond à peu près à la période de l’instauration du STO et au développement des maquis dans les Alpes, maquis composés de nombreux réfractaires. On compte 5 à 6 000 maquisards dans la zone italienne. Des exilés antifascistes diffusent des tracts hostiles à l’occupation. Des comités de soldats semblent s’être constitués autour du journal La parola del soldato diffusé clandestinement dans les cantonnements. Le mouvement Combat suggère à ses adhérents d’entrer en contact avec les soldats italiens. Les autorités italiennes mènent une politique répressive. En Corse, en Savoie, dans le Var, dans les Alpes-Maritimes4 , plusieurs centaines de personnes sont arrêtées, parfois torturées et internées dans le camp de Sospel ou déportées en Italie.

La chute du gouvernement fasciste et l’armistice du 8 septembre 1943
Le 25 juillet1943, Mussolini est démis de ses fonctions et remplacé par le maréchal Badoglio. Les Italiens retirent une partie de leurs troupes. Les autorités italiennes refusent le passage des troupes allemandes qui voudraient occuper certains ports de la péninsule et continuent à se soucier du sort des Juifs. Elles envisagent d’autoriser les Juifs étrangers (15 000) à entrer en Italie. Le 8 septembre 1943, l’Italie signe un armistice avec les Alliés. Les troupes italiennes se retirent du territoire français. Les Allemands cherchent à désarmer les troupes italiennes, sans toujours y parvenir. En Corse, des combats se déroulent entre troupes italiennes et allemandes.

Epilogue
A la Libération, certains maximalistes français envisagent l’annexion du Val d’Aoste et de Vintimille, mais le gouvernement provisoire du général de Gaulle, en particulier le secrétaire aux Affaires étrangères Maurice Couve de Murville, s’y oppose. Des troupes américaines stationnent dans les zones contestées. En fin de compte le traité de Paris de 1947 procède à une rectification mineure de la frontière : Tende et La Brigue deviennent françaises après une large approbation par referendum.


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Re: L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Loïc  Nouveau message 20 Déc 2025, 03:18

Extraits d'autres comptes-rendus
https://www.lamontagne.fr/vichy-03200/l ... _14666626/

Qu’est-ce qui caractérise l’occupation italienne ? Se différencie-t-elle de l’occupation allemande ?
« Dans les territoires de leur zone d’influence, les Italiens mènent une politique, qui est parfois en contradiction avec celle des Allemands. Après novembre 1942, les Italiens ont commencé à piller les territoires plus que les Allemands ne l’ont fait au début, ils ont exercé une administration tatillonne, dont se plaignent souvent les autorités françaises.

Les Italiens veulent affirmer leur souveraineté en n’obéissant ni à Vichy ni aux Allemands. À l’égard des juifs, par exemple, les Italiens n’ont pas la même politique dans la zone occupée qu’en Italie, où, depuis 1938, pour des raisons de politique intérieure, le pouvoir a engagé une politique antisémite et de défense de la race en faisant des juifs des boucs émissaires. En France, leur politique est très ambiguë, et s’explique par leur volonté de s’opposer à Vichy, en s’opposant à la déportation des juifs et en montrant qu’ils n’agissent pas comme les Allemands. »


https://shs.cairn.info/journal-20-21-re ... 21?lang=en

Au-delà des dynamiques de pouvoir militaires et diplomatiques qui structurent l'ouvrage, l'auteure examine également les conséquences économiques de l'occupation (chapitre onze) et aborde un aspect important de la mémoire collective de l'invasion italienne : l'idée que l'occupation italienne aurait été relativement clémente comparée à son homologue allemande. Cette image d'une occupation menée par la « brava gente », qui aurait poussé certains Français à fuir vers la zone italienne pour échapper aux persécutions nazies et du gouvernement de Vichy, n'est pas entièrement réfutée par Diane Grillère, mais elle la nuance considérablement. L'auteure évoque par exemple la brutalité de la répression subie par les mouvements de résistance en Corse, tout en montrant que le traitement réservé aux Juifs dans les territoires sous contrôle italien était généralement plus protecteur. Cependant, son analyse suggère que cette attitude découlait davantage d'une volonté de défendre la souveraineté italienne en limitant l'ingérence française et allemande que d'un choix délibéré de protéger les Juifs, que l'Italie persécutait simultanément sur son propre territoire.
(...)
Bien que l'auteure consigne soigneusement dans sa documentation les rapports de terrain faisant état de cas de résistance dans certains lieux et d'acceptation de l'occupation dans d'autres, l'analyse de ces sources n'est pas toujours suffisamment poussée à mon goût. Par exemple, peut-on vraiment décrire l'Italie, comme c'est le cas à la page 65, comme un « pays où la sympathie allait davantage à la France qu'à l'Allemagne » ? Outre le fait que cette position paraît dépassée par son essentialisation apparente de l'opinion publique italienne, ne serait-elle pas aussi le fruit d'une illusion qui a longtemps conduit les dirigeants français à sous-estimer la menace fasciste en s'accrochant au mythe de la fraternité latine ? Malgré tout, l'étendue des sources exploitées dans cet ouvrage et la finesse de son analyse des relations bilatérales font de ce livre un ouvrage qui comble une lacune historiographique importante, et l'auteure mérite d'être remerciée pour les nouvelles perspectives de recherche qu'il ouvre.
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Re: L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 20 Déc 2025, 08:36

Sujet intéressant et méconnu, sauf à Menton :D
Cordialement

Alain

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Re: L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 20 Déc 2025, 17:45

Il est exacte que l'occupation italienne est un sujet fort peu abordé. car elle s'est déroulée en deux étapes, la première du 25 juin 1940 au 10 novembre 1942 suite à l'armistice franco-italien (et limitée à la ville de menton en plus de quelques villages de la région, la seconde est plus conséquente en englobant un territoire plus important et va du 11 novembre 1942 au 9 septembre 1943 suite au débarquement anglo-américain au Maroc et en Algérie (invasion de la zone dite libre par l'armée allemande et la capitulation italienne de 1943).
Ces deux périodes méritent bien d'être évoquées.
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Re: L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 20 Déc 2025, 18:13

Ce qui m'a frappé c'est qu'après le sabordage de la flotte à Toulon les italiens ont été beaucoup plus agressifs que les allemands; pressé de renflouer et de s'emparer des navires encore utilisables; ils nous ont spoliés de nos navires sous l’œil indifférent ou complice? des allemands; Les contre torpilleurs Valmy; Lion;Tigre; Panthère; les torpilleurs Trombe; Siroco; Lansquenet; le sous marin Henri Poincaré partent en Italie; ce n'est que la capitulation italienne de septembre 1943 qui fera que les croiseurs La Galissonnière et Jean de Vienne ne feront pas de même, il avaient déjà un numéro dans la nomenclature italienne; à coté de cela les allemands ne prendront que quelques petits navires pour les utiliser comme patrouilleurs ou dragueurs de mines.
Les italiens prendront en outre possession des torpilleurs Le Hardi renfloué en juin 1943 qui sera sabordé à Gênes le 20 avril 1945; le Baliste démoli en 1943; la Bayonnaise sabordé en 1944 qu'ils n'auront pas le temps d'emmener avec eux avant la capitulation.

A cause de cela la marine française aura un grand ressentiment contre les italiens qui fera que lors du traité de Paix de 1948, elle exigera que l'Italie lui remette un tonnage de navires de guerre équivalent à celui qui lui a été spolié lors du sabordage de Toulon sans concertation aucune.
Cordialement

Alain

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Re: L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 20 Déc 2025, 22:58

Bonsoir,
Je peux comprendre les sentiments envers les Italiens, seulement je ne connais pas assez bien le sujet au niveau de prise, saisie ou renflouage des navires français, mais je sais qu'il y eu des dégâts.
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Re: L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 21 Déc 2025, 14:43

3545.jpg
3545.jpg (154.57 Kio) Vu 1920 fois

Menton en 1941, comme indiqué plus haut posts 1 et 2 Menton a été complétement italianisé, tous les commerces ont leur nom en italien, comme on le voit sur cette photo d'une place centrale de la ville en 1941.
Cordialement

Alain

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Re: L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 21 Déc 2025, 17:47

Selon le site:
https://altritaliani.net/occupation-ita ... j-l-panica
Mussolini et Badoglio seraient passés par Menton le 1ier juillet 1940
Mussolini-et-Badoglio-passant-en-revue-le-90e-RI-a-Menton-le-1er-juillet-1940-collection-USSME..jpg
Mussolini-et-Badoglio-passant-en-revue-le-90e-RI-a-Menton-le-1er-juillet-1940-collection-USSME..jpg (80.38 Kio) Vu 1903 fois
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Re: L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de Loïc  Nouveau message 04 Jan 2026, 18:15

Ce n'est d'ailleurs pas clairement précisé dans le livre mais je rappelle que MENTON leur seule prise d'importance, ironie de l'Histoire, n'était pas même pas historiquement Italienne mais MONEGASQUE jusqu'à la sécession de Menton et Roquebrune comme villes libres en 1848 qui fit perdre à la principauté 90% de sa superficie et 80% de ses habitants pour lui donner la physionomie lilliputienne d'aujourd'hui,
bon peut être que les Mentonnais Roquebrunois regrettent ce geste de séparation aujourd'hui :D

j'avais déjà lu un texte sur les relations entre France Libre/Combattante/GPRF et l'Italie de 1940 à 1944 et je découvre contre toute attente qu'il y'a une parfaite identité de vue quant à la vision de l'Italie qui est commune à la France de Vichy et la France Libre

ni la France Libre ni le régime de Pétain ni encore moins la population Française ni les administrations en contact avec l'Italie ne considèrent l'Italie comme victorieuse sur la France et cela aura des conséquences et une traduction durable et invariable dans les relations avec l'Italie durant toute la guerre et l'occupation, le mépris le dédain voire la pure et simple indifférence de reconnaître ce statut contesté pour ne pas dire totalement dénié de vainqueur dans les fourgons des allemands qui eux étaient déjà "à Grenoble" dominent largement,
pire encore, suprême humiliation, les autorités italiennes relèvent, vexées comme un poux, que même les milieux collaborationnistes locaux du PPF ne mentionnent même pas l'Italie comme puissance en guerre contre le bolchévisme soviétique
La délégation Française auprès de la commission d'Armistice seul organe de transmission entre les deux pays (étant toujours en guerre et ce jusqu'en 1947 il n'y a plus d'ambassades ni de relations diplomatiques normales de temps de paix) déploiera une sourde résistance contre l'Italie et au niveau local l'Italie se plaint de "l'obstruction" des autorités Françaises même au moment de l'occupation totale de 1942-1943
à noter d'ailleurs il n'y aura aucun changement de politique italienne envers la France, y compris dans la répression, après la chute du régime fasciste et le gouvernement monarchiste Badoglio celui là même qui signera l'armistice de septembre 1943 et occultant 3 années à se faire reconnaître en France comme une puissance occupante et victorieuse alliée de l'Allemagne voudra copier son sort sur celui de la France vaincue par l'Axe avec un cynisme, hypocrisie et récriture incroyables qui vont déchaîner le courroux de la France Libre

l'Italie apparaît comme une puissance pathétiquement faible, le terme de "complexe d'inferiorité" revient souvent face non seulement à l'Allemagne qu'elle essaye de copier mais surtout face à la France pourtant défaite,
la zone d'occupation qui devait aller jusqu'à la Bourgogne et Pyrénées n'est pas réalisée d'abord naturellement par la piètre campagne de juin 1940 ni ensuite en novembre 1942 car elle demanderait un plus grand nombre de divisions touchant ainsi encore une fois aux limites des moyens italiens, l'Italie n'est d'ailleurs même pas reconnue comme puissance occupante sur un même pied que l'Allemagne, loin s'en faut, là aussi il y'a matière à frustrations, le statut de l'Armée Italienne est celle de troupes d'opération qui restent cantonnées en France et non d'occupation comme la Wehrmacht

mais comme elle se sentait faible même face à la France vaincue l'Italie est d'autant plus sévère et intransigeante, la France devant s'attendre inéluctablement à "payer très cher la paix" et la rendre "inoffensive pour plusieurs générations", d'où la nécessité constante de faire assaut de démonstration pour l'Italie qu'elle est bien victorieuse car c'est une évidence qui ne s'impose à personne et encore moins aux Français
Mussolini se plaignant à son Führer que la France se considère toujours comme "invaincue", parmi la propagande à Menton le préfet Italien estime qu'il faudrait convaincre que les Italiens sont les vainqueurs
une vague de popularité auprès des Grecs se manifestera, les Français ne sont pas les seuls à se considérer invaincus des Italiens...

quant aux revendications Italiennes et aux grands sacrifices que devrait consentir la France soi-disant vaincue par l'Italie...le grand flou...jamais formulées officiellement autrement que par la presse fasciste, Tunisie Djibouti en ligne de mire certes, encore faudrait-il être vainqueur et aller les chercher, la Savoie? Même pas sur, Mussolini lui-même reconnaît qu'elle ni historiquement ni géographiquement italienne, il y'a le Comté de Nice qui serait autonomisé au mieux ou annexé peut être, encore que les autorités italiennes brident ses irrédentistes fascistes et autres garibaldiens annexionnistes
quant à la France elle devrait se consoler de ses pertes avec la "Wallonie" et sur les colonies britanniques ou "l'Inde"

un livre fort intéressant qui m'a tenu plus que j'aurais pensé de prime abord pour un tel sujet
A Moi Auvergne

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Re: L’autre occupation L'Italie fasciste en France - 1940-1943

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 05 Jan 2026, 08:09

Les mentonnais ne regrettent pas d'etre séparés de Monaco, ils sont trés indépendants, loin de tout et c'est tant mieux, on est un peu le petit village gaulois, on est tellement bien chez nous, ::content4::
Cordialement

Alain

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