Post Numéro: 2
de Eric Denis
24 Aoû 2018, 11:26
Bonjour,
Sans pour autant remettre en cause ce qui a été écrit ci-dessus, ce premier commentaire mérité à mon sens quelques compléments. Si l'ouvrage de Marc Hiller est incontestablement très sérieusement écrit, il ne dépeint pas de façon aussi noire l'occupation française en Allemagne et doit impérativement être replacé dans un contexte.
La France sort d'une longue période d'occupation composée d'un pillage massif et d'innombrables actes de violence perpétués par l'Allemagne et par Vichy, régime "à la botte" des nazis. Sans pour autant excuser les dérives de la présence française d'après-guerre en Allemagne ce contexte l'explique en grande partie. Il y aura donc de nombreux pillages, c'est parfaitement exact.
Il n'en reste pas moins que globalement, c'est en zone française que la dénazification sera la plus étendue et que partout en Allemagne, donc dans chaque zone occupée par les alliés, l'emploi d'anciens cadres du régime hitlérien sera plutôt une constante, ne serait-ce que par le fait qu'ils étaient les plus à même de refaire fonctionner rapidement l'administration allemande.
Rappelons d'ailleurs que l'appartenance au parti nazi n'était pas forcément synonyme d'une adhésion à ses thèses. Pour les Allemands, elle était souvent incontournable pour évoluer dans l'administration et même dans certaines entreprises privées.
D'autre part, et dès 1945, naissait aussi un mouvement de rapprochement franco-allemand qui mènera les deux pays aux premiers pas de la construction européenne quelques années plus tard. Ces premières étapes, majoritairement franco-allemandes, démontrent bien que les deux peuple et leurs dirigeant ont pu s'entendre.
Enfin, je suis moi aussi un ancien des FFA (forces françaises en Allemagne) et pour en avoir discuté avec les Allemands dans les années 1980, ils reprochaient surtout aux français d'être toujours une "troupe d'occupation", ce qui à l'époque n'avait plus de sens, et surtout de ne pas apporter la manne financière que l'US Army déversait dans son secteur, celle-ci étant devenu un pilier du développement économique du pays. La France n'avait pas, et de loin, les mêmes moyens.
Cordialement
Eric Denis