Il semble que la marine du Manchukuo ait été oubliée sur ce forum, je vais donc réparer cette omission.
Lorsque l'armée impériale japonaise envahit la Mandchourie en 1931, elle est accompagnée d'un détachement de la marine impériale japonaise, qui assure la défense côtière. Le principal besoin naval de la Mandchourie est cependant la sécurité de ses fleuves frontaliers avec l'Union soviétique. Immédiatement après l'incident de Moukden de 1931, le vice-ministre de la Marine du Nord-Est du Kuomintang, Shen Hung-lieh, et le commandant naval Hsien Kung-che désertent leurs postes. Le commandant local du Kuomintang, Yin Tsu-Ch'ien, rencontre les forces japonaises et accepte de leur remettre sa flotte de cinq canonnières fluviales le 15 février 1932. Cette flottille de 640 hommes forme le cœur de la défense du fleuve Songhua.
La marine impériale du Mandchoukouo est officiellement fondée le 15 avril 1932 par proclamation de la « loi sur les forces armées du Mandchoukouo » par l'empereur Puyi, qui assume de plus le rôle de commandant-en-chef. Le navire amiral de la flotte est le destroyer Hai Wei, l'ancien destroyer japonais Kashi de classe Momo de la marine impériale japonaise transféré le 1er mai 1937 jusqu'à qu'il réintègre la flotte japonaise le 6 juin 1942 . La défense côtière du Mandchoukouo reste néanmoins largement entre les mains de la 3e flotte japonaise.
La flotte du Songhua est active sur le fleuve éponyme, sur l'Amour et sur l'Oussouri à partir de 1933, et reçoit des canonnières supplémentaires du Japon. Elle s'avère cependant dramatiquement mal adaptée aux événements de la pacification du Mandchoukouo, et les Japonais instituent de nombreux programmes d'entraînement afin d'améliorer ses capacités. Des officiers japonais de réserve ou à la retraite sont assignés à la flotte du Songhua, et les cadets du Mandchoukouo sont envoyés étudier la navigation et l'artillerie navale à l'académie navale impériale du Japon.
En novembre 1938, des unités de la marine japonaise sont retirées du Mandchoukouo, officiellement parce que les niveaux de formation de la marine impériale du Mandchoukouo sont devenus acceptables, mais en réalité parce qu'un conflit politique est en cours entre l'armée et la marine japonaises pour le contrôle de la Mandchourie. En novembre 1939, la marine passe officiellement sous le contrôle de l'armée impériale du Mandchoukouo, est renommée « Flotte fluviale »(江上軍) et intègre la garde côtière.
En 1942, la plupart des Japonais servant dans la flotte sont retirés. Étant donné que la moitié des officiers de cette flotte sont japonais, cette décision détériore largement les capacités et performances de cette force. Beaucoup de navires deviennent inopérants, et leurs canons anti-aériens sont démontés et utilisés dans les opérations terrestres. En été 1943, pour y remédier, l'empereur Puyi envoya plusieurs centaines de cadets se former au Japon et chercha auprès de celui-ci à acquérir en premier lieu un croiseur ; il en obtint un réformé qui fut renommé Harbin et devint ainsi le nouveau navire amiral de la flotte ; l'empereur demanda également un sous-marin poseur de mines, mais cette fois il y eut refus et il se tourna alors ensuite l'année suivante vers l'Allemagne nazie qui lui céda un U-Boot Type VII qui fut rebaptisé Hailong, lequel durant le reste de la guerre resta basé en grande partie à la base navale de Newchwang et ne participa qu'à poser des mines dans la baie de Dalian. Au moment de l'invasion soviétique de la Mandchourie en 1945, la flotte fluviale est totalement non opérationnelle pour le combat, et se désintègre face à la supériorité écrasante des forces soviétiques, une grande partie se mutinant pour se rendre à celle-ci ou à la résistance chinoise.

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