Une unité spéciale de renseignement japonais basée dans les environs de Tokyo surveille les communications radio provenant de cette zone; si cette unité n'a pas craqué le code pour comprendre les messages, elle a réussi a identifier le code d'identification des B29 diffusé en clair avant chaque message.
Après analyse, elle a réussi a déterminer la provenance des B-29 : code V4XX pour Saipan, V5XX pour Guam, V7XX pour Tinian ( V pour B-29, XX sont 2 nombres d'identification propres à chaque B-29).
Cette unité est donc capable de savoir quand et d'où proviennent les raids aériens. Ils peuvent même estimer le nombre d'appareils, et la trajectoire par triangulation à l'approche du Japon.
Mais depuis peu, ce service a capté un nouveau code d'identification: V6XX . Seulement une dizaine d'appareils ont pu être identifié sous cet indicatif. Ce groupe intrigue le service de renseignement car il n'a participé à aucune mission de bombardement du Japon...
...jusqu'au 20 juillet 1945.
V6XX correspond aux indicatifs des B-29 "Silverplate" du 509e groupe de bombardiers commandé par le Lieutenant Colonel Paul Tibbets, basé à Tinian depuis début juin.
Ces B-29 sont préparés pour des missions spéciales; à la différence des autres groupes de bombardiers, ceux-ci n'opèrent que par groupe de 2 à 6 appareils pendant leurs missions d'entrainement dans les environs.
Le 20 juillet, les 4 premières missions de combat sont assignées à 10 appareils équipés chacun d'une bombe "citrouille"; chaque bombardier a une cible prioritaire différente, qu'il doit larguer d'une altitude de 30 000 pieds avec si possible une reconnaissance visuelle de la cible.

Pesant plus de 5 tonnes, ces bombes ont les mêmes formes, dimensions et poids que la bombe "Fat Man", si ce n'est qu'elles contiennent presque 3t d'explosifs "conventionnels". Elles ont été surnommées Citrouille à cause de leur forme et peut-être de leur couleurs lors des entrainements initiaux aux USA.
Dès le largage, les pilotes ont pour instruction d'effectuer une manœuvre et entamer un virage à 150° pour s'éloigner le plus rapidement possible du point d'impact...alors qu'elles ne présentent aucun danger à cette altitude !
9 bombes "citrouilles" seront larguées sur différentes villes (Toyama, Fukushima, Tokyo, Kitaibaraki, Iwaki, Nagaoka). Les résultats sont peu probants, 6 bombes sur 9 ont été larguées au radar, et seuls 5 appareils ont pu atteindre leur cible principale.

Le 24 juillet, 3 nouvelles missions spéciales ( 10 bombardiers) sont lancées sur différentes cibles (Niihama, Kobe)
Le 26 juillet, 10 bombardiers répartis en 2 missions (Nagaoko, Toyama).
Le 29 juillet, 9 bombardiers répartis en 3 missions ( Ube, Koriyama, Yokkaichi).
Fin juillet, une quarantaine d'attaques spéciales ont été effectuées; durant ces missions, les B-29 n'ont affronté presque aucune opposition (chasse quasi absente, défense anti-aérienne peu active). Les japonais sont déconcertés par ce type d'attaques par des bombardiers esseulés, larguant une bombe unique, très puissante, mais à haute altitude donc très imprécise.

Côté américain, les résultats attendus sont tout autre: les équipages du 509e ont pû s'entrainer à la navigation au dessus du Japon, au décollage et au largage d'une bombe spéciale, à évaluer les contre-mesures ennemies.
Seul le Lieutenant Colonel Paul Tibbets connait la finalité de ces missions spéciales; il n'en a d'ailleurs effectué aucune, pour éviter les risques de capture.
D' autres missions spéciales avec des bombes "citrouilles" seront lancées également les 8 et 14 août, après le largage des 2 bombes atomiques.

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