Post Numéro: 14
de Loïc
18 Mar 2025, 00:57
Désaxements
l'entente stratégique fut quasi inexistante chez les puissances de l'Axe (...) Et pour cause! Le Reich considérait l'Union Soviétique comme l'ennemi principal alors que le Japon redoutait son entrée en guerre au point que ses dirigeants félicitèrent Staline de la reprise de Kharkov (...) ils craignaient en effet qu'une authentique alliance avec l'Allemagne et l'Italie n'entraîne une intervention américaine en Europe (...) et voulaient éviter que les Etats-Unis utilisent des bases sibériennes pour bombarder leur archipel au point qu'ils ne cessèrent de conjurer Berlin de traiter avec Moscou.
Rétifs à l'idée de se fourrer dans le guêpier européen ils marchandèrent donc leur soutien. Il fallut attendre mars 1941 pour que la Marine Impériale accepte de ravitailler les bâtiments allemands en Asie orientale.
Début 1942 un accord répartit les zones d'intervention respectives des navires réservant la sphère s'étendant à l'est du 70e degré de longitude est aux bateaux du Soleil Levant. Mais la coopération n'était pas à l'ordre du jour.
Après Pearl Harbor Tokyo refusa d'intervenir dans l'océan Indien occidental alors que Berlin l'implorait de perturber le trafic qui ravitaillait l'URSS via la mer Caspienne. En retour l'Allemagne pourtant experte en matière de guerre sous-marine déclina tout engagement en Asie "tant que nos chances de succès restaient les mêmes dans l'Atlantique" expliqua l'amiral Dönitz. Elle n'envoya qu'une douzaine de U-Boote en Malaisie à l'été 1943 et rejeta l'idée d'en déployer en Asie après le débarquement de Normandie. Seule exception : l'accord sur l'échange d'informations et le libre accès mutuel à leurs laboratoires en matière bactériologique conclu le 2 juin 1939 par les deux pays. Hitler eut beau le 23 mai 1942 interdire les recherches dans ce domaine - en souvenir de la Grande Guerre ou par peur d'exposer son peuple à la guerre bactériologique - la coopération se poursuivit. Le professeur Gerhard Rose spécialiste du typhus et des maladies tropicales offrit le virus de la fièvre jaune à l'unité 731 spécialisée dans ces sinistres recherches.
(..) Finalement la triple alliance fut un fardeau plus qu'un atout (...) en se coalisant (ils) ne firent qu'additioner leurs problèmes
Histoire Totale de la Seconde Guerre Mondiale
Olivier Wieviorka