L’ATTAQUE DU PORT DE SYDNEY PAR LES SOUS-MARINS DE POCHE JAPONAIS
Article paru dans Histomag 103
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Insigne de sous-marinier japonais
L’étude et la conception d’un sous-marin de poche est projetée par le capitaine de la marine impériale Takeyoshi Yokoo, considérant que son utilisation pourrait donner de très bons résultats en coulant les navires ennemis dans leurs propres bases.
Le concept de base du sous-marin de poche est repris en 1932 par le capitaine Kanji Kishemoto responsable de la deuxième section de la 1ère division du département technique de la marine.
Un projet ultra secret :
Après des mois de travail, un prototype secret sort des chantiers navals de Kure. Lors des premiers tests de l'été 1932, un sous-marin sans pilote est utilisé pour tester ses qualités et sa navigabilité. Entre l’hiver 1932 et l’été 1933, des essais sont effectués par deux sous-mariniers expérimentés, le capitaine de corvette Kato Ryonosuke et l’enseigne de vaisseau Harada Shin. Les premiers tests réalisés se déroulent de manière satisfaisante. Kishemoto a l’occasion de présenter son plan au chef d'état-major de la marine impériale, l'amiral prince Fushimi Hiroyasu (frère de l'empereur Hirohito). Compte tenu du caractère secret du projet, Kishemoto a suivi un canal très différent de l’habituel pour la présentation de nouveaux projets afin de garder le projet de sous-marin de poche sous le sceau du secret le plus absolu.
Après plusieurs modifications, la construction des premiers Kō-hyōteki Type A débute en 1939. En novembre 1940, ils commencent à être livrés à la Marine impériale japonaise tandis que les équipages initient leur formation en avril 1941 à l’arsenal de Kure. Ils sont triés sur le volet, diplômés de l’Académie Navale Impériale et tenus au secret sous peine de mort. L’entraînement est extrêmement intensif.
Les sous-marins de poche ont été conçus initialement pour être mis à l’eau à partir d’une rampe située à la poupe d’un navire mais la manœuvre s’avère trop dangereuse et annihile l’effet de surprise. Une solution est finalement retenue, ils sont couplés à un sous-marin ’’mère’’. Une trappe spéciale est découpée dans le fond de la coque du submersible dont la taille et la forme s’adaptent à celle située sur le pont du sous-marin ’’mère’’. Les attaches retenant les deux navires sont manœuvrées de l’intérieur par l’équipage au moment du découplage. Cette opération peut être effectuée en immersion. Le premier sous-marin à être converti pour le transport d’un Kō-hyōteki est le I-22 en octobre 1941 et participe au raid sur Pearl Harbor où les sous-marins de poche connaissent leur baptême du feu qui est un fiasco total.
CARACTÉRISTIQUES DU SOUS-MARIN DE POCHE
Classe Kō-hyōteki Type A Kai 1
Classe Kō-hyōteki Type A Kai 1

Déplacement :
Surface : 46 t
Plongée : 47 t
Longueur : 23, 9 m
Maître-bau : 1,85 m
Vitesse :
Surface : 23 nœuds
Plongée : 19 nœuds
Rayon d’action :
Surface : 84 milles marins 4à 6 nœuds
Plongée : 15 mn à 19 nœuds
Autonomie :
25 heures à vitesse réduite
Une heure à vitesse maximum
Profondeur de plongée : 100 m
Équipage : 2
Armement : 2 tubes lance-torpilles pour torpilles type 97 de 457 mm
Unités produites : 47
Reconnaissances aériennes du port de Sydney :
Depuis l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, l’Australie est sous la menace directe de l’Empire du Soleil Levant. Le 19 février 1942, le port de Darwin subit un raid de l’aviation embarquée des porte-avions Akagi, Kaga, Hiryū et Soryū. La ville de Broome est bombardée le 3 mars suivant par le Dai 3 Kōkūtai (3e groupe aérien), ainsi que Wyndham le même jour. Bien que désormais les Américains connaissent l’existence de l’arme secrète des Japonais, l’amiral Yamamoto envisage de lancer les sous-marins de poche contre les ports de Singapour, Suva (Fidji) et Sydney. Singapour, surnommée la ’’ Gibraltar du Pacifique ’’ réputée imprenable tombe le 15 février 1942. L’avance japonaise semble irrésistible et l’état-major de la marine impériale veut montrer qu’elle peut frapper où elle veut et quand elle veut. Une attaque dans le port de Sydney marquerait les esprits et pourrait pousser le gouvernement australien à se désengager des États-Unis.
Parvenu à 190 km au sud-est de Sydney le 14 février, le sous-marin I-25 ( Type B-1) doit attendre en immersion le moment propice pour faire partir l’hydravion Yokosuka E14Y ’’Glen ’’ entreposé dans le hangar hydrodynamique et qui peut être monté en dix minutes puis catapulté. La forte houle ne permet pas le lancement de l’hydravion et l’I-25 doit rester en immersion pendant la journée et remonter à la surface la nuit. Le capitaine de corvette Tagumi peut voir au périscope les lumières Sydney. Finalement, le mardi 17 février, l'adjudant Nobuo Fujita avec son observateur le sergent Soiji Okuda décollent à bord du "Glen" pour un vol de reconnaissance au-dessus du port de Sydney.

A 7 h 30, Fujita est de retour, le ” Glen” est démonté et rangé dans le hangar étanche. Tagumi autorise un deuxième survol le 17 février. Okuda observe la présence de 23 navires. Le 26 février, un vol de reconnaissance est effectué au-dessus de Melbourne, puis le 1er mars, le I-25 met le cap sur la Tasmanie et le 13 mars le ’’Glen ’’ survole Auckland en Nouvelle-Zélande. La dernière reconnaissance est effectuée à Suva aux Fidji. Tagumi a terminé sa mission, il retourne à Truk faire son rapport. Pas une seule fois le ’’Glen’’ n’a été menacé par la défense anti-aérienne.
L’amiral Yamamoto assigne aux sous-marins de poche deux secteurs d’opérations distincts. Le Groupe d’attaque de l’Ouest (vice-amiral Noboru Ishizaki) doit opérer dans l’océan Indien contre la Royal Navy et notamment à Diego Suarez. Les ports australiens ou néo-zélandais sont les objectifs du Groupe d’attaque de l'Est, commandé par le contre-amiral Hankyu Sasaki (à bord de l’I-21). Il est composé de trois sous-marins de la 3e division navale de sous-marins (I-21 I-22 et I-24) et de trois autres de la 14e division de sous-marins (I-27, I-28 et I-29) de la 6e Flotte commandée par l’amiral marquis Teruhisa Komatsu.

Envol d'un Yokosuka E14Y à partir du pont du sous-marin I-25 doté d'un hangar hydrodynamique
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Cliché des membres des équipes ayant participé aux raids de Diego-Suarez (DS) et de Sydney en gras (S). Assis devant, l’officier commandant le sous-marin de poche, derrière debout son second.
1- Lieutenant KATSUSUKE IWASE /Maître principal KOOZOO TAKADA, (Diego Suarez)
2- Capitaine de corvette MASAHARU OOTA/ Premier maître DAISEIKI TSUBOKURA, n’ont pas participé au raid sur Diego-Suarez en raison d’un problème du sous-marin
3- Lieutenant KEIU MATSUO/ Premier maître MASAO TSUZUKU – (Sydney)
4- Capitaine de frégate SABUROO AKIEDA / enseigne de vaisseau MASAMI TAKEMOTO (DS)
5- Lieutenant KENSHI CHUMAN / maître de 1re classe TAKESHI OMORI (S)
6- Lieutenant TEIJI YAMAKI / Premier maître SHIZUKA MASUMOTO. Suite à l’explosion d’une batterie sur le sous-marin de poche prévu pour opérer à Sydney, le premier est gravement brûlé et le second est tué, remplacés par l’équipage ci-dessous.
7- Lieutenant KATSUHISA BAN/ maître de 1re classe ASHIBE (S)
Les sous-marin I-21 et I-29 (classe Type B-1) disposent d’un hangar hydrodynamique pour le transport d’un hydravion Yokosuka E14Y ’’Glen’’.
Truk, îles mystérieuses de la Marine Impériale japonaise :
Entre le 31 janvier et le 2 mars 1942, les équipages des sous-marins de poche s’entraînent quotidiennement à partir du porte-hydravions Chiyoda (classe Chitose), spécialement modifié à l’Arsenal Naval de Kure en 1940 pour permettre le transport de douze submersibles Type A Kai 1, stockés par paires dans le hangar à sous-marins en poupe. Sa capacité en hydravions est ainsi limitée à 12 appareils. Le porte-hydravions effectue ensuite le transfert des sous-marins de poche à Truk en avril avec leur équipage.

Le I-21 part de Truk le 27 avril avec à son bord le contre-amiral Hankyu Sasaki qui dirige la 3e division navale de sous-marins. Le navire transporte un hydravion Yokosuka E14Y. Il part en mission vers la Nouvelle-Calédonie. Il échappe à un bombardement de grenades sous-marines larguées par trois Devastator TB provenant du porte-avions USS Yorktown. Le 5 mai, le I-21 repère le Liberty Ship John Adams. Après une poursuite de deux heures, le capitaine de frégate Matsumura lance deux torpilles qui atteignent toutes deux le Liberty Ship qui coule avec deux mille litres de carburant. Le 7 mai suivant, c’est au tour du navire marchand grec Chloé, coulé avec le canon de pont. Matsumura offre aux naufragés des vivres dans les canots de sauvetage qui leur permettent d’atteindre Nouméa. Sa mission au large de la Nouvelle-Calédonie terminée, le I-21 met le cap sur Sydney.
Le 11 mai 1942, le quartier général de l’amiral Komatsu ordonne aux sous-marins I-22, I-24 et I-28 de se rendre à Truk pour embarquer chacun un sous-marin de type A Kai 1 en vue d'une attaque sur Sydney.
Truk (aujourd’hui Chuuk) est le mouillage principal de la Marine Impériale du Pacifique sud. C’est un ensemble d’îles et d’îlots de l’archipel des Caroline. Ancienne possession allemande, Truk est sous mandat japonais et a été fortifié. Il dispose de cinq pistes d’aviation, de bases d'hydravions, de réservoirs de carburant, d’ateliers de réparation de sous-marins, d’un centre de communications et d’une station radar construits pendant la guerre. Ces diverses installations sont protégées par des canons de défense côtière et des emplacements de mortier. Truk est considéré comme le Pearl Harbor japonais, aucun étranger n’est autorisé à entrer sous peine d’être arrêté pour espionnage. Un voile de mystère recouvre l’archipel qui intrigue tout naturellement l’US Navy.
Le 17 mai 1942 au sud de Truk, tôt le matin, le lieutenant commander Joseph H. Willingham commandant du sous-marin USS Tautog (SS-199), classe Tambor, reçoit l'ordre d'intercepter les navires revenant de la bataille de la mer de Corail. Le Tautog aperçoit deux sous-marins probablement les I-22 et I-24 se dirigeant séparément vers Truk. Willingham tire sur l'un d'eux à 06h48, mais le manque. À 10h50, à deux milles à l'ouest du récif Royalist, Willingham aperçoit un troisième sous-marin japonais filant à 12 nœuds, sur la même trajectoire nord, avec un marquage "I-28" visible sur le kiosque. A 11h01, Willingham lance deux torpilles, l’une d'entre elles atteint le I-28. Ses moteurs diesels s'arrêtent et le sous-marin prend une forte gîte sur tribord rapidement maîtrisée. Willingham lance une autre torpille à 11 h 07 qui frappe juste sous le kiosque. Le I-28 coule avec tous ses occupants.
Le I-27 (classe Type B-1) est désigné pour remplacer le I-28 perdu. Le même jour, le I-22 arrive à Truk. Il embarque un sous-marin de type A Kai 1, le HA-21 et son équipage le lieutenant Keiyu Matsuo et le maître de 2e classe Masao Tsuzuku.
Cap sur Sydney :
Précédent la flottille d’attaque, les sous-marins I-21 et I-29 naviguent déjà au large. Sa mission terminée dans les parages de Nouméa, le I-21 a mis le cap sur l’Australie. Avec le I-29 il doit faire effectuer des reconnaissances aériennes au-dessus du port de Sydney à leur hydravion embarqué. Le 18 mai 1942, les sous-marins ’’mères ’’I-22, I-24 et I-27 quittent Truk avec un sous-marin de poche et son équipage. Ci-dessous, la composition des équipages :
I-22, classe C
HA-21, lieutenant Keiyu Matsuo et maître de 2e classe Masao Tsuzuku ;
MatsuoI-24, classe C- capitaine de frégate Hiroshi Hanabusa-
H-17, lieutenant Teiji Yamaki et maître de 1re classe Shizuka Matsumoto remplacés après l’incident survenu au large par le lieutenant Katsuhisa Ban et le maître de 1re classe Mamoru Ashibe ;
I-27, classe Type B-1.
H-14, lieutenant Kenshi Chuman et le maître de 1re classe Takeshi Omori
Dans la journée, le I-24 fait surface pour charger les batteries et effectuer de la maintenance sur son sous-marin de poche H-17. En pénétrant à l’intérieur, le Lt Yamaki suivi par Shizuka, sentent une forte odeur de chlore. Shizuka allume la lumière intérieure pour vérifier. Une terrible explosion le projette par-dessus bord. Malgré de longues recherches, son corps n'a jamais été retrouvé. Le Lt Yamaki étant gravement brûlé et le sous-marin de poche sabordé, le commandant du sous-marin, le capitaine de frégate Hiroshi Hanabusa retourne à Truk et repart avec un nouveau submersible et l’équipage de réserve, le lieutenant Katsuhisa Ban et le maître de 1re classe Mamoru Ashibe.
Le 23 mai 1942 à l’aube, l'hydravion du I-29 effectue une reconnaissance de Sydney et de Newcastle. A l'atterrissage, il est endommagé et ne peut plus être utilisé, mais le pilote signale la présence -erronée- d'un croiseur de classe Warspite et d’une dizaine de navires. Il s'agit des croiseurs lourds USS Chicago (CA-29) et HMAS Canberra, du croiseur léger HMAS Adélaïde, des destroyers USS Pekins (DD-377) et USS Dobbin(AD-3), du mouilleur de mines HMAS Bungaree, les croiseurs marchands armés Kanimbla et Westralia, les corvettes HMAS Whyalla et HMIS Bombay, le dragueur de mines Geelong, le navire-hôtel HMAS Kuttabul et le sous-marin néerlandais K-IX.

carte trajet de Itô 29 mai
Le 29 mai 1942 à 3 heures 45, le navire amiral I-21 lance son "Glen" auquel on a effacé les marquages de nationalité pour une reconnaissance du port de Sydney. À 4 heures 20, le pilote, l’adjudant-chef Susumo Itô avec son observateur Iwasaki, effectue deux cercles au-dessus du port près du croiseur lourd USS Chicago (CA-29) à l’ancre. Confondu d'abord avec un hydravion du croiseur américain, des CAC Wirraway de la RAAF sont envoyés pour l'intercepter, sans succès. Pour la défense anti-aérienne du port, survoler Sydney avec un avion japonais est tout simplement impossible. Le "Glen" retourne à l’I-21 et Itô signale qu'il a aperçu un "cuirassé". Le commandant du Groupe d’attaque de l'Est ordonne l'attaque du port de Sydney par les sous-marins de poche pour le 31 mai.
Le 30 mai 1942, les I-22, -24 et I-27 arrivent au large de Sydney.

Le raid :
Le Formidable franchit le filet d’acier de protection à l’entrée du port de Sydney. L’entrée du port de Sydney est protégée par un filet anti sous-marins de 1480 mètres qui s’étend de Green point jusqu’au cap George. Trois ouvertures autorisent le passage des navires qui sont actionnées par le HMAS Kuramia, un ancien ferry du port de Sydney.
Le 31 mai 1942, entre 17h21 et 17h40, les sous-marins I-22, I-24 et I-27 libèrent chacun leur Type A Kai pour une mission sans espoir de retour.
- À 17h21, le I-22 lance le HA-21 piloté par le lieutenant Keiyu Matsuo et maître de 2e classe Masao Tsuzuku à environ 7.2 miles à l’est-sud-est du port de Sydney.
- À 17h40, le I-24 lance le HA-17, piloté par le lieutenant Katsuhisa Ban et le maître de 1re classe Mamoru Ashibe à environ 7.5 miles à l'est de Sydney.
- À 17h58, le I-27 lance le HA-14 piloté par le lieutenant Kenshi Chuman et le maître de 1re classe Takeshi Omori à environ 6 miles à l'est-sud-est du port de Sydney. Le plan prévoit que le sous-marin de poche HA-14 entre en premier dans le port, environ 20 minutes après le lever de la lune à 18h33.
Le HA-14 se retrouve empêtré dans le filet de protection en acier d'un barrage anti-torpille placé à l’entrée du port militaire entre Georges Head et Watson's Bay. Une vigie repère et signale un objet qu'elle pense être une mine prise dans le filet. Le patrouilleur de port HMAS Lolita, un yacht converti, repère le HA-14 et largue trois grenades sous-marines qui n'explosent pas dans les eaux peu profondes. Au bout de trois heures d’efforts infructueux de dégagement, son équipage du HA-14 déclenche le dispositif d’autodestruction à 22h37. Chuman et Omori sont les premiers morts du raid. Le contre-amiral Muirhead-Gould, commandant la base de Sydney donne l’alerte à tous les navires au mouillage de la présence d’un sous-marin ennemi.
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Le H-14 piloté par le lieutenant Kenshi Chuman et le maître de 1re classe Takeshi Omori remonté à la surface
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Insérez carte trajet HA-17 de Ban
Pendant que le HA-14 tente de se dégager du filet de protection, le HA-17 du lieutenant Katsuhisa Ban et du maître de 1re classe Mamoru Ashibe pénètre vers 22h00 dans le port en suivant le sillage d’un ferry et parvient à passer à travers les filets. Il se dirige lentement vers l’USS Chicago. Le croiseur repère le sous-marin de Ban et lui tire dessus avec ses canons AA de 20 mm ainsi que le HMAS Geelong arrivé sur les lieux. La silhouette de l’USS Chicago se détache parfaitement dans l’obscurité et est une cible idéale pour Ban qui l’observe au périscope. À 00h29, il lâche ses deux torpilles Type 97 en direction du croiseur. Filant à 44 nœuds elles parcourent les 500 m qui séparent le sous-marin du Chicago. La première s’échoue à 1.100 m sans exploser. L'autre passe sous le sous-marin hollandais K-IX et coule le vieux ferry HMAS Kuttabul causant la mort de dix-neuf marins australiens et deux anglais.

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Le HMAS Kuttabul victime d’une torpille lancée par le HA-17 de l’équipage Ban/ Ashibe
Le K-IX est endommagé.
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Maintenant, Ban doit quitter le port de Sydney pour rejoindre un des trois sous-marins ’’mère’’. À 1h58, il est repéré sur le chemin du retour par la boucle de détection de sous-marins N°12 en sortant du port. Ban semble avoir gagné la partie, il peut retourner victorieusement au point de rendez-vous rejoindre les sous-marins ’’mères ’’.
Vers 3 heures, l’USS Chicago quitte le port pour prendre la haute mer. Ses vigies repèrent un "sous-marin" qui entre dans le port. Il pourrait s'agir du HA-21 du lieutenant Matsuo. À 3 heures 01, la boucle d'indicateur de port n°12 enregistre également une "traversée vers l'intérieur" par la porte occidentale .
Le HA-21 piloté par le lieutenant Keiyu Matsuo et le maître de 2e classe Masao Tsuzuku est repéré après son entrée dans le port. Le patrouilleur HMAS Yandra tente de l'éperonner puis l'attaque en lâchant six grenades sous-marines. Le HA-21 parvient à semer le patrouilleur mais ses tubes lance-torpilles sont endommagés. Il est à nouveau attaqué par le HMAS Sea Mist au large de Taylor's Bay. Vers 5h15, l’équipage du HA-21 se suicide. Le sous-marin est ensuite retrouvé gisant au fond du port avec son moteur toujours en marche.
Le mystère du HA-17 :
Le raid est un fiasco comme à Pearl Harbor ou à Diego Suarez. Les sous-marins ’’mères ’’ attendent au large de Sydney le retour des trois Type A Kai jusqu’au 3 juin. Les deux ’’Glen’’ ayant été détruits lors de leur amerrissage, il n’est plus possible d’effectuer un vol de recherche pour retrouver les trois sous-marins de poche. Le contre-amiral Hankyu Sasaki (à bord de l’I-21) ordonne la dispersion de la flottille et la reprise de la guerre sous-marine.
Le HA-21 et le HA-14 sont remontés à la surface pour être examinés. Le contre-amiral Muirhead-Gould fait rendre les honneurs de guerre aux dépouilles des quatre marins, Chuman, Omori, Matsuo et Tsuzuku lors de leurs funérailles le 9 juin 1942 en prononçant cette oraison funèbre : "Il a fallu le plus haut degré de courage pour sortir dans un cercueil d'acier comme celui-ci. Ces hommes étaient les plus grands patriotes. Sommes-nous prêts à payer le millième des sacrifices que nous avons consentis ? ".

Le contre-amiral Muirhead-Gould, responsable de la défense du port de Sydney
En août, lors d’un échange de diplomates, l'ambassadeur japonais Tatsuo Kawai ramène leurs cendres au Japon à bord du Kamakura Maru. À son arrivée à Yokohama, il les remet aux parents des sous-mariniers. Radio Tokyo qualifie leur retour d'acte chevaleresque qui a "fortement impressionné" le Japon.

Cliché de l’épave du HA-17 retrouvée par des plongeurs amateurs au nord de Sydney. https://www.kidsnews.com.au/history/pub ... 10238f6fd4
Mais le mystère demeure sur le sort du HA-17 et de l’équipage Ban/Ashibe. Il faudra novembre 2006 pour retrouver la trace du sous-marin. Un groupe de plongeurs découvre l’épave gisant à 50 mètres de profondeur au large des plages du nord de Sydney. Une panne de batterie a été envisagée mais l’état général du sous-marin après un long séjour sous l’eau ne permet pas de déterminer avec exactitude la raison du naufrage. Les autorités mettent en place une zone d'exclusion autour du sous-marin qui contient les restes des deux membres d'équipage et des objets personnels. En 2013 des plongeurs sont entrés sur le site et ont endommagé la coque du sous-marin pour voler des reliques telles que deux des trois pales d'hélice.
Bibliographie
GROSE Peter, A very rude awakening. The night the japanese midget subs came to Sydney Harbour. Allen & Unwill. 2007.
KEMP Paul, Midget Submarines of the Second World War. Caxton Editions. 1999.
PRENATT Jamie & STILLE Mark, Axis midget submarines 1939-45. Osprey Publishing. 2014.
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