Connexion  •  M’enregistrer

80e anniversaire. La fin de la RSI


80° Anniversaire de la Seconde Guerre Mondiale
---- ANNÉE 1945 -----

80e anniversaire. La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 31 Mar 2025, 19:01

OPERATION SUNRISE (ou Crossword).
Image
Le 8 mars 1945, le SS-Obergruppenführer Karl Wolff, Höhere SS- und Polizeiführer in Italien (chef suprême des SS et de la police en Italie), accompagné du SS- Standartenführer Eugen Dollmann, représentant d'Himmler en Italie, du SS-Hauptsturmführer Zimmer et de l’industriel italien baron Luigi Parilli rencontrent Allen Dulles, le chef de l'OSS à Zurich, et le capitaine Rothpletz du contre-espionnage suisse. Des sondages avaient été réalisés précédemment par Dollmann. Wolff affirme pouvoir persuader le Feldmarschall Albert Kesselring à mettre fin aux combats en Italie du Nord. Pour montrer sa bonne foi, il a fait sortir de prison Ferruccio Parri, un antifasciste et échangé (pour ne pas attirer les soupçons) contre un général allemand. Il assure également arrêter toute opération militaire contre les partisans italiens et faciliter le passage de la frontière suisse aux Juifs. En contrepartie, il demande à ce que les troupes allemandes puissent se rapatrier aux travers des cols alpins autrichiens.
Averell Arriman, ambassadeur US à Moscou, informe Molotov, le ministre des Affaires Étrangères de Staline des tractations et propose qu'un officiel soviétique soit présent pour participer à ces entretiens secrets.
Le 19 mars, Dulles rencontre à nouveau Wolff à Ascona en Suisse, près de la frontière italienne. Pour Wolff , convaincre le général Heinrich von Viegtinghof, qui a remplacé Kesselring à la tête du Heeresgruppe C, ne sera pas aisé (le Feldmarschall a été victime d'un accident de voiture avant d'être nommé à la tête de l'OB West). Pour lui, le projet de réduit alpin (Alpenstellung)ne servira qu'à prolonger la guerre inutilement.
Roosevelt a mis Staline au courant des tractations secrètes, qui est irrité que celles-ci se passent sur les dos de l'URSS. Il appréhende qu'une paix séparée en Italie puisse permettre aux Allemands de reporter des troupes sur le front de l'Est.
Le 6 avril, Wolff ordonne aux commandants des unités stationnées en Italie de ne commettre aucune destruction contre l'appareil industriel italien, comme il avait été conclu avec les Alliés. Himmler exigeant son retour afin d’éclaircir la situation, Wolff retarde son voyage à Berlin mais se décide finalement à entreprendre dans le voyage le 19 avril dans la capitale du Reich où les Russes sont arrivés à la périphérie. Mais le 21, Sunrise est annulée sous la pression soviétique, Staline craignant que les troupes stationnées en Italie puisse être envoyées contre l'Armée Rouge. Revenu de Berlin, Wolff repart pour Lucerne le 24 avril, averti que les pourparlers sont interrompus, il retourne à son QG de Fasano. Devant accélération de la situation, Wolff prend contact avec la CLN (Comité de Libération National) local de Cernobbio pour négocier la reddition allemande. Envoyé à Lugano, un représentant de Dulles lui apprend que les négociations de Sunrise peuvent reprendre, les Alliés craignant l'annexion de Trieste par les troupes de Tito et d'être mis sur le fait accompli. Deux plénipotentiaires allemands sont envoyés à Caserte pour y signer l'acte de reddition le 29 avril à 14h00.
Kesselring, ayant repris son poste de commandant du Heeresgruppe C, s'oppose à toute reddition. Wolff, craignant d'être arrêté, se retranche à Bolzano le 1er mai, avec ses SS et sept chars Tigre. Il destitue le général Schulz et le fait remplacer par son prédécesseur, le général von Vietinghoff, favorable à la reddition. Ayant appris la mort d'Hitler le jour même à 23 heures, Kesselring se résout à capituler finalement.

A suivre...

Administrateur
Administrateur

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 29 Déc 2008, 21:15
Localisation: De l’autre côté du pont d’Avignon
Région: Comté de Provence
Pays: France

Re: La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 03 Avr 2025, 19:26

L'EFFONDREMENT DE LA LIGNE GOTHIQUE
Image
Durant la nuit du 9 au 10 avril 1945, après un intense bombardement aérien et un puissant tir d'artillerie, le front sur la ligne Gothique s'ébranle, c'est l'opération Lightning : l'offensive générale du 15th Army Group du général Mark Clark. Deux armées: la 5th U.S. Army (général Truscott) et la VIIIth Army (lieutenant-general Sir Mac Creeey) ont pour objectif d'opérer une percée du front au sud de Bologna, d’atteindre le Pô et de progresser dans la plaine padane vers Padoue.
Image
Durant les premiers jours d'avril, des attaques de diversion sont menées sur les flancs pour détourner des troupes allemandes du front central (les leçons de Cassino ont été retenues). Le 5th Britisch Corps (lieutenant-general Charles Keightley) reçoit le redoutable honneur de franchir le fleuve Senio, puissamment fortifié, en lançant la Indian 8th Inf.Div. (major-general Dudley Russell) et la New-Zealand 2nd Inf.Div. qui atteignent le fleuve Santerno, rejoint par les Polonais de la Polish 3rd Karpathian Rifle Division. L'avancée du Polish IInd Corps est ralentie par la contre-attaque du 504 Schwere Panzer-Abteilung et de la 94.Volks-Grenadieren Divison. Alors que le front est rompu entre le Sernio et le Serchio, la 5th US Army se met en mouvement le 14 avril après que les lignes allemandes ont été pilonnées par un tir de barrage de 1500 bouches à feu et un bombardement aérien. Le IVth US Corps (F.E.B. et 1st Armoured Division) a pour objectif la route (Super Strada) SS 9 pour faire la jonction avec le IInd US Corps et le XIII (Brit) Corps afin d'encercler Bologna. C'est le 87° Gruppo di Combattimento Friuli qui a l'honneur d'entrer en premier dans Bologna, devenant ainsi la première grande ville italienne libérée par une unité régulière de l'armée italienne co-belligérente le 21 avril. Après les durs combats de Montese, la FEB (Corps Expedionnaire Brésilien) aidé par les formations partisanes 31a Brigata Garibaldi «Forni», 32a Brigata Garibaldi «Monte Penne» et la 135a Brigata Garibaldi «Mario Betti» est à la poursuite des armées allemandes et italiennes de l'ENR (Esercito Nazionale Italiano, armée de la RSI) en route sur la via Emilia pour rejoindre les Alpes autrichiennes. La 148.Infanterie-Division, les restes de la 90. Infanterie-Division et la division Bersaglieri «Italia» se retrouvent encerclées à Fornovo par la F.E.B. et la 34th US Division. Le bataillon de bersaglieri «Mameli» tente de desserrer l'étau mais le général Otto Fretter-Picot (commandant la 148.Inf-Div.) décide de se rendre au général brésilien Mascarenhas de Morais , le 28 avril, permettant ainsi la capture de 15000 hommes.
Image
A suivre, la mort de Mussolini.
Siamo 30 d'una sorte, 31 con la morte. Tutti tornano o nessuno. Gabriele d'Annunzio, Canzone del Quarnaro.

Administrateur
Administrateur

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 29 Déc 2008, 21:15
Localisation: De l’autre côté du pont d’Avignon
Région: Comté de Provence
Pays: France

Re: 80e anniversaire. La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 22 Avr 2025, 23:10

Dans la nuit du 20 avril 1945, les Alliés lancent l'opération Herring I qui est la dernière action aéroportée en Europe. L'unité choisie est le reggimento paracadutisti Nembo. Deux unités dont le nom s'est couvert de gloire en Afrique sont lancées au-dessus de la région de Ferrare en Italie du Nord :
le squadrone F (pour Folgore) : 117 hommes
la Centuria Nembo 109 hommes
en tout : 226 paras, entraînés et équipés par les Anglais.
Lancés par patrouille de 8, les paras sont chargés de détruire des ponts, des dépôts d'armes...
Les paras capturés sont immédiatement fusillés par les Allemands suivant la directive que tout 'badogliano' doit être liquidé.
Un groupe de 14 paras, bloqués dans une ferme à Poggio Rusco, encerclés sont liquidés avec les civils.
La mission est une réussite, bien qu'ayant perdu 21 hommes, capturant un millier d'Allemands.

Image
Paras italiens s'embarquant à bord de C-47.
http://digilander.libero.it/lacorsainfi ... aringa.htm
Image
MONUMENT DE POGGIO RUSCO
Siamo 30 d'una sorte, 31 con la morte. Tutti tornano o nessuno. Gabriele d'Annunzio, Canzone del Quarnaro.

Administrateur
Administrateur

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 29 Déc 2008, 21:15
Localisation: De l’autre côté du pont d’Avignon
Région: Comté de Provence
Pays: France

Re: 80e anniversaire. La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 28 Avr 2025, 12:51

Le 25 avril, Mussolini quitte la préfecture de Milan à bord de son Alfa Romeo en compagnie de Cesare Maria Baraccu (sous-secrétaire à la présidence du Conseil), le préfet de la province de Milan Mario Bassi suivis par Paolo Zerbino, ministre de l'Intérieur avec l'industriel Gian Riccardo Cella. Le maréchal Graziani rejoint le groupe à l'Archevêché à 17h00. Mussolini échange quelques mots avec Monseigneur Schuster en attendant l'arrivée des membres du CLNAI: Rafaelle Cadorna, commandant le CVL (Corpo Volontari della Liberta), Achille Marazza pour la Démocratie-Chrétienne et Riccardo Lombardi pour le Parti d'Action. Les communistes sont absents. Mussolini souhaite négocier une reddition honorable et une passation de pouvoirs sans effusion de sang. Les représentants du CLNAI restent intransigeants, ce sera une reddition sans condition. Durant les discussions, Mussolini apprend que Wolff a entamé des négociations secrètes et il quitte de rage la réunion sous un ultimatum, si dans deux heures il n'a pas capitulé, le CLNAI lancera l'insurrection générale à Milan et dans toute l'Italie du nord. Il est 19h00. Une déclaration est proclamée:
...l'exécution de Mussolini et de ses complices est la conclusion nécessaire d'une phase d'histoire qui laisse notre pays couvert encore de ruines matérielles et morales. Elle est la conclusion d'une lutte insurrectionnelle, prémices pour la patrie d'une renaissance et d'une reconstruction....
Image
Le Duce se rend à la préfecture de Milan, rassemble son état-major et ordonne de se mettre en route pour Côme. Cette décision semble avoir été décidée avant la réunion à l'Archevêché. Suivi de son escorte de SD du SS-Obersturmführer Fritz Birzer qui a été désigné personnellement (Führerbefehl) par Hitler pour le protéger, Mussolini monte à bord de son Alfa Romeo, avec Zerbino et Bombacci. Suivent les véhicules des hiérarques fascistes, du clan Petacci : Clara et son frère Marcello, et tout à la fin, une camionnette Balilla. A l'intérieur, il y a des documents secrets, mais le véhicule tombe en panne au bout de quelques kilomètres et est abandonné. Les documents n'ont jamais été retrouvés. A Milan, les dernières troupes de la RSI: Brigades Noires et GNR quittent la capitale lombarde, 4636 hommes en armes, décidés à se battre jusqu'au bout. Ils se dirigent vers Côme, à la suite du Duce.
Le trajet n'est long que d'une quarantaine de kilomètres et la colonne atteint Côme vers 21h00. Mussolini dîne chez le préfet Lorenzo Celio. Pendant ce temps, le questeur de la ville traite la reddition de toutes les forces fascistes rassemblées à Côme et la présence du dictateur déchu est encombrante. Il dépeint exagérément une situation tragique afin de convaincre le Duce à lever le camp. Celui-ci appelle son épouse Rachele durant la nuit, il lui dit «...Tout est fini, je suis seul...».
Le lendemain 26 avril, tôt le matin, il est 4h30, Mussolini prend congé de sa femme et s'apprête à partir à l'insu de son escorte. Mais les véhicules des SD ont bloqué le passage de l'Alfa qui repart avec le cortège de voitures où sont massés les hiérarques et leur famille, qui n'a rien de martial.
Pendant ce temps, les forces fascistes qui avaient quittées Milan arrivent à Côme vers 9h00. Ils apprennent que Mussolini est parti, cette absence porte un coup fatal au moral des troupes. Elles restent désœuvrées en ville, sans ordres précis. Certains commencent à échanger leur uniforme contre une tenue civile. C'est à ce moment précis que s'est jouée la désagrégation de la RSI.
Alors que Mussolini est arrivé à Menaggio, Pavolini retourne à Côme vers midi pour constater que les BBNN qui devaient combattre jusqu'au bout en Valtellina ont fondu comme neige au soleil. Désarmés par les partisans qui leur ont promis la vie sauve, ils sont battus, enfermés et malgré la parole donnée, exécutés après un simulacre de procès.
La colonne des hiérarques redémarre de Menaggio mais l'itinéraire a changé, elle ne poursuit plus sa route le long des rives septentrionales du lac de Côme mais bifurque vers les montagnes jusqu'à Grandola. Birzer, méfiant, ne quitte plus Mussolini d'une semelle, il craint une tentative d'évasion vers la Suisse toute proche. Celui-ci s'installe dans un hôtel, la présence d'Elena Curti, la fille naturelle du Duce déclenche une crise d'hystérie de la part de Clara Petacci, si ce n'était pas un moment aussi grave, cela pourrait ressembler à une comédie à l'italienne.
La colonne se remet en route pour Menaggio et le lendemain 27 avril, à 4h00 du matin, Pavolini réapparaît à bord d'un camion Lancia 3RO, monstre blindé, armé d'un canon de 20 mm et trois mitrailleuses appartenant à la 36eme BN de Lucques. Mussolini s'en prend à Pavolini «où sont les 3000 brigadisti promis?» Avant de reprendre la route, une colonne de la Flak en retraite, commandée par l'Oberleutnant Hans Fallmeyer , se joint aux fascistes. Avec eux, Pietro Callisti, as de l'ANR (Aviazione Nazionale Repubblicana), inapte au vol. Le convoi quitte Menaggio, c'est le camion blindé conduit par Merano Chiavacci, avec Pavolini à son bord qui ouvre la marche. En tout 28 véhicules, formant un cortège long d'un kilomètre, rassemblant 177 Allemands et 174 Italiens. D'un coup, Pavolini fait stopper le camion et part chercher Mussolini pour le mettre en sécurité à l'intérieur.
A l'entrée de Musso , Merano Chiavacci freine violemment, la route est obstruée par un tronc d'arbre et des rochers. Des coups de feu sont échangés, la mitrailleuse de bord du Lancia répond quand un groupe d'Allemands de la Luftwaffe brandit un drapeau blanc et se dirige vers les partisans. Fallmeyer veut négocier son passage pour rejoindre le Brenner, sans effusion de sang. Il entame les négociations avec le chef de l'unité partisane: la 52a Brigata d'Assalto Garibaldi «Luigi Clerici» .
Son chef est le comte Pier Luigi Bellini delle Stelle (Pedro). Les négociations vont s'éterniser et durer six heures. Pedro veut gagner du temps pour faire rameuter des renforts. Il n'est pas intéressé par les Allemands mais par contre, il compte faire arrêter les fascistes, il est loin de savoir qu'il va toucher «le gros lot» et entrer dans l'Histoire pour avoir procédé à l'arrestation du Duce et de ses ministres.
Vers 13h00, Fallmeyer revient, les conditions imposées par les partisans sont les suivantes: seuls les Allemands pourront passer, les fascistes doivent se rendre. Pour Birzer, sa mission est simple, il doit coûte que coûte préserver la vie du Duce, celle des autres hiérarques ne l'intéresse pas. Il réussit à convaincre Mussolini d'enfiler une capote militaire et un casque allemand. Bien que cette idée lui répugne, le Duce accepte à contrecœur sous l'insistance des ses fidèles. Il monte à bord du camion de la Luftwaffe avec sous son bras le cartable qu'il n'a pas quitté depuis Milan. A l'intérieur, des documents secrets doivent le disculper en cas de procès, prouvant qu'il avait tout tenté pour empêcher la guerre. Les véhicules allemands se mettent en route et s'arrêtent à Dongo pour être inspectés comme il a été conclu avec Bellini.
A 15h30, ce 27 avril 1945, Mussolini, faisant semblant de dormir, est reconnu par Giuseppe Negri (Zocolin) et Urbano Lazzaro (Bill), commissaire politique de la 52e Brigata, confirme qu'il s'agit bien du Duce. Il descend du véhicule sans opposer de résistance, se déleste de son MP40 et est conduit à la mairie de Dongo où le rejoignent les autres hiérarques. Seul Pavolini tente d'échapper à son sort, il sort du Lancia, échange des coups de feu et se cache sur les rives du lac. Blessé, il ne sera retrouvé qu'en soirée et emmené à Dongo.
LA MORT DE MUSSOLINI
Bellini (Pedro) entend bien remettre l'ex-dictateur déchu et ses ministres au CLNAI. Il décide d'enfermer Mussolini à Germasino dans la caserne de la douane, plus facile à garder et à défendre en cas de tentative de libération par un commando fasciste ou de SS. Luigi Canali (Neri) propose de transférer en lieu sûr Mussolini et Clara Petacci qui a demandé de rejoindre son amant. Pedro retourne chercher le Duce à Germasino avec Neri et son chauffeur. Avec un bandage placé autour du visage, le dictateur est emmené à Dongo où Clara le rejoint. Deux véhicules emmènent les captifs à Bonzanigo di Mezzegra, avec pour les surveiller, une partisane: Giuseppina Tuissi (Gianna). Dans cette nuit du 27 au 28 avril, ils sont conduits à la demeure des de Maria, paysans qui ont caché Luigi Canali(Neri) lorsqu'il était recherché par les autorités de Salo.
A partir de ce moment, les faits commencent à devenir divergents avec l'entrée en scène de Walter Audisio (Valerio), colonel auto-proclamé et vétéran des brigades internationales en Espagne. Ayant appris l'arrestation de Mussolini, il est chargé de procéder avec son commando de partisans à son exécution immédiate ainsi qu'à celle des hiérarques.
Valerio arrive à Dongo vers 14 heures, le 28 avril. Il fait part à Pedro de sa mission qu'il doit remplir à tout prix. Il dresse une liste des fascistes à fusiller, parmi les condamnés d'office, Pietro Calisti, as de l'ANR, qui s'était joint avec l'unité de la Flak à la colonne. Il faut 15 hommes à fusiller pour venger les quinze partisans exécutés Piazza Loreto le 10 août 1944. A 15h10, Valerio et ses hommes, ayant appris où étaient cachés les captifs, se rendent chez les de Maria. Audisio se fait passer pour leur libérateur. Mussolini et Clara montent à bord de leur véhicule qui s'arrête quelques instants plus tard, devant le portail de la villa Belmonte. On les fait descendre, Audisio prononce la sentence de la condamnation, appuie sur la détente, son arme s’enraille, prend des mains de Michele Moretti ((Gatti) son MAS 38 et tire la rafale mettant fin aux jours de Mussolini et de sa maîtresse. Il est 16h10. Audisio, retourne à Dongo pour s'occuper des hiérarques, dont le sort est déjà fixé.


Dans le Corriere della Sera du 26 avril 1994, Michele Moretti affirme être l'auteur de la rafale mortelle. Les de Maria ne reconnaissent pas Walter Audisio en Valerio,car l'auteur de l'exécution n'est autre que Luigi Longo (Gallo), chef du PCI, ancien commissaire aux Brigades Internationales en Espagne. Un autre mystère demeure quant à l'heure de l'exécution. Giorgio Pisano, en recoupant des témoignages a démontré que des témoins ont entendu les coups de feux vers midi chez les de Maria (donc antérieurs à 16h10), alors qu'Audisio était en route pour Giulino di Mezzagra à ce moment-là. L'exécution devant le portail des Belmonte ne serait qu'un simulacre selon le témoignage visuel de Dorina Mazzola. Une expertise de la capote militaire de Mussolini montre qu'elle ne porte aucune trace de perforation, elle aurait été donc enfilée post-mortem.
C'est au tour des hiérarques, gardés dans la mairie de Dongo de se diriger vers 17h00 au bord du lac de Côme contre une rambarde toujours visible de nos jours. Walter Audisio leur ordonne de tourner le dos au peloton d'exécution, refusant de consentir à Baraccu le droit d'être fusillé de face (il est décore de la médaille d'or de la Valeur Militaire, plus haute distinction militaire italienne). Les quinze se retournent finalement, leur dernière volonté est que Marcello Petacci ne soit pas fusillé avec eux est accordée. Après l'exécution et le coup de grâce, vient le tour au frère de Clara. Celui-ci réussit à fausser compagnie au peloton d'exécution, plonge dans le lac mais est abattu finalement.
Image
Les corps des suppliciés sont jetés dans un camion, avec ceux de Mussolini et Clara Petacci. A 7h00 du matin, les cadavres sont déposés Piazza Loreto où le 10 août 1944 avaient été fusillés 15 partisans par la legione autonome Ettore Muti, unité chargée de la répression et de la lutte antiguérilla
Image
La foule à l'annonce de la présence des corps, s'amoncelle, couvre de crachats, de coups, de gestes obscènes parfois...Un autre corps est jeté, il s'agit du hiérarque fasciste déchu Achille Starace qui faisait son jogging ce moment-là. Reconnu, il est fusillé en tendant le bras pour un dernier salut fasciste. Les cadavres sont accrochés tête en bas sur le toit d'une station essence.
Siamo 30 d'una sorte, 31 con la morte. Tutti tornano o nessuno. Gabriele d'Annunzio, Canzone del Quarnaro.

Administrateur
Administrateur

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 29 Déc 2008, 21:15
Localisation: De l’autre côté du pont d’Avignon
Région: Comté de Provence
Pays: France

Re: 80e anniversaire. La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de fanacyr  Nouveau message 28 Avr 2025, 20:48

Cette scène macabre a suffisamment impressionné Hitler et l'a confortée dans l'idée du suicide

vétéran
vétéran

 
Inscription: 06 Fév 2008, 16:28
Région: Région Ile de France
Pays: FRANCE

Re: 80e anniversaire. La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Aldebert  Nouveau message 29 Avr 2025, 18:20

fanacyr a écrit:Cette scène macabre a suffisamment impressionné Hitler et l'a confortée dans l'idée du suicide

Conforté peut-être mais la décision était déjà prise.
Un pouvoir absolu, après tant d'horreurs, maitre après dieu, il devenait tout à coup insignifiant. Comment pouvait survivre celui qui avait amené son peuple à la ruine. Bien sûr qu'il ne lui restait que le suicide, sans qu'il puisse être exhibé au public.
blog.php?u=5328&b=565

https://www.wiki-rennes.fr/Cat%C3%A9gor ... C3%A0%20la


J'aurai mon paradis dans les cœurs qui se souviendront - Maurice Genevoix

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 22 Jan 2010, 19:22
Localisation: Dordogne
Région: Aquitaine
Pays: France

Re: 80e anniversaire. La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 01 Mai 2025, 10:46

2 mai 1945 : reddition de Caserte
Image
À Caserte dans la Reggia ou Palais Royal, quartier général des forces alliées en Italie, les plénipotentiaires allemands, l’ Oberstleutnant Viktor von Schweinitz pour le compte du Generaloberst Heinrich von Vietinghoff et le SS-Sturmbannführer Eugen Wenner en habits civils représentant l’ Obergruppenführer Karl Wolff et le général le général William Duthie Duthie Morgan pour les Alliés signent la reddition sans condition des forces allemandes incluant celles de la RSl sans en avertir Hitler, conséquence de l’ opération Sunrise à 18 heures le 29 avril. Elle entre vigueur le 2 mai 1945.
Image Image Image
Siamo 30 d'una sorte, 31 con la morte. Tutti tornano o nessuno. Gabriele d'Annunzio, Canzone del Quarnaro.

Administrateur
Administrateur

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 29 Déc 2008, 21:15
Localisation: De l’autre côté du pont d’Avignon
Région: Comté de Provence
Pays: France

Re: 80e anniversaire. La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 01 Mai 2025, 14:06

alfa1965 a écrit: OPERATION SUNRISE (ou Crossword).
Image
Le 8 mars 1945, le SS-Obergruppenführer Karl Wolff, Höhere SS- und Polizeiführer in Italien (chef suprême des SS et de la police en Italie), accompagné du SS- Standartenführer Eugen Dollmann, représentant d'Himmler en Italie, du SS-Hauptsturmführer Zimmer et de l’industriel italien baron Luigi Parilli rencontrent Allen Dulles, le chef de l'OSS à Zurich, et le capitaine Rothpletz du contre-espionnage suisse. Des sondages avaient été réalisés précédemment par Dollmann. Wolff affirme pouvoir persuader le Feldmarschall Albert Kesselring à mettre fin aux combats en Italie du Nord.
...
Kesselring, ayant repris son poste de commandant du Heeresgruppe C, s'oppose à toute reddition. Wolff, craignant d'être arrêté, se retranche à Bolzano le 1er mai, avec ses SS et sept chars Tigre. Il destitue le général Schulz et le fait remplacer par son prédécesseur, le général von Vietinghoff, favorable à la reddition. Ayant appris la mort d'Hitler le jour même à 23 heures, Kesselring se résout à capituler finalement.

A suivre...


Bonjour,
J'ai un petit doute sur ta narration. ;)
Kesselring avait, lui-même, pigé que la situation était sans issue. Aux alentours du "22 avril 1945", "Dodolf", himself, l'avait, lui-même, désigné, en tant qu'autorité militaire suprême "méridionale", Dönitz, se voyant, de son côté, conférer une autorité similaire pour ce qui concernait la "zone nord" - en sus de l'héritage "encombrant" de l'autorité "politique" du III. Reich -.

Il y a fort à parier que Kesselring avait, alors, "admonesté pour le principe" les initiatives prises par ses "subordonnés", mais qu'il était d'accord sur le "fond". :D
Joyeux muguet.

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 25 Mai 2016, 16:26
Région: Alsace
Pays: France

Re: 80e anniversaire. La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de fanacyr  Nouveau message 01 Mai 2025, 15:50

alfa1965 a écrit:2 mai 1945 : reddition de Caserte
les plénipotentiaires allemands signent la reddition sans condition des forces allemandes incluant celles de la RSl sans en avertir Hitler, conséquence de l’ opération Sunrise à 18 heures le 29 avril. Elle entre vigueur le 2 mai 1945.

bonjour
je ne comprends pas l'allusion à Hitler

vétéran
vétéran

 
Inscription: 06 Fév 2008, 16:28
Région: Région Ile de France
Pays: FRANCE

Re: 80e anniversaire. La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 01 Mai 2025, 16:30

fanacyr a écrit:
alfa1965 a écrit:2 mai 1945 : reddition de Caserte
les plénipotentiaires allemands signent la reddition sans condition des forces allemandes incluant celles de la RSl sans en avertir Hitler, conséquence de l’ opération Sunrise à 18 heures le 29 avril. Elle entre vigueur le 2 mai 1945.

bonjour
je ne comprends pas l'allusion à Hitler


Il semblerait, sous toutes réserves, que "Dodolf", après avoir délégué ses fonctions à Dönitz et Kesselring, s'était contenté de tenter de "gérer" la situation militaire berlinoise, sauf que, d'après les témoignages existants (Albert Speer et autres), il avait, alors, +/- moins laissé "flotter les rubans", ayant visiblement en tête l'exécution de sa propre intention suicidaire, qu'il avait d'ailleurs officiellement formulée auprès des "résidents" du Bunker de la Chancellerie.

Je ne sais trop ce que çà vaut, car il s'agit, là, de la narration de Georges Bernage, dans son ouvrage "Berlin 1945", mais çà semble très sérieusement "coller à la situation".

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 25 Mai 2016, 16:26
Région: Alsace
Pays: France

Suivante

Connexion  •  M’enregistrer

Retourner vers ANNEE 1945




  • SUR LE MEME THEME DANS LE FORUM ...
    Réponses
    Vus
    Dernier message
 
  ► Les 10 Derniers Posts du jour Date Auteur
    dans:  Quiz suite - 12 
il y a 3 minutes
par: kfranc01 
    dans:  Les Feux de la rampe 2.0 : « Travail et travailleurs pendant la Seconde guerre » 
il y a 5 minutes
par: Prosper Vandenbroucke 
    dans:  Blason 
il y a 46 minutes
par: Loïc Charpentier 
    dans:  Cet Adolf craint mais toujours respecté. 
Aujourd’hui, 18:11
par: alfa1965 
    dans:  Cimetière provisoire Grand-Failly Américain ww2 
Aujourd’hui, 17:49
par: brehon 
    dans:  trouvailles sur les sites de vente 
Aujourd’hui, 17:34
par: iffig 
    dans:  Oberbefehlshaber West. Le commandement allemand du Heer à l'Ouest 
Aujourd’hui, 17:32
par: Chazette Alain 
    dans:  Dossier uniformologique : l'Armée Grecque dans la Seconde Guerre Mondiale 
Aujourd’hui, 16:02
par: alfa1965 
    dans:  Evasion du train Compiègne - Allemagne 
Aujourd’hui, 15:10
par: Altiva 
    dans:  Anzio, janvier 1944, l’ Unternehmen Fischfang 
Aujourd’hui, 14:41
par: alfa1965 

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 10 invités


Scroll