
Le V1 connu outre-Rhin sous l’appellation de« Fi 103 » (en référence à la société de construction aéronautique Fieseler ), change ensuite d’appellation pour « FZG 76 pour « Flak Ziel Gerät type 76 » Le nom de « V1 » n’interviendra que plus tard, après l’entrée en service de l’arme. À partir du mois de juin 1944, la propagande allemande optera pour la dénomination « V1 », « V » pour « Vergeltungswaffen » ou « armes de représailles ».
Le V1 est doté d’une charge explosive et d’un pulsoréacteur. Il existe huit versions de V1 (certaines fonctionnelles d’autres se limitant au stade du projet), ici nous parlons de la version « A1 », version la plus courante. Pour les Allemands, le V1 est conçu davantage pour son impact psychologique sur les populations que pour sa précision. Pour être pleinement efficace, il doit être produit en grande quantité pour un coût unitaire limité. Le but du V1 est de faire peser une menace permanente sur le sud de l’Angleterre.

Comment fonctionne t’il ?
À l’avant du missile se trouve une petite hélice reliée à un compte-tours. Le nombre de ses rotations est fixé avant le décollage en fonction de la distance de la cible et des conditions atmosphériques. Une fois arrivé au-dessus de l’objectif, le compte-tours actionne une sorte de volets qui fait plonger l’appareil, l’arrivée d’essence stoppée.
Pour tenir le cap, le V1 est équipé d’un compas magnétique relié au gyroscope principal de l’arme. Ces deux pièces, réglées préalablement sur la plateforme de la base de lancement, permettent au V1 de tenir une trajectoire rectiligne jusqu’à son objectif et de garantir une précision de vol mais néanmoins une certaine marge d’erreur (de plusieurs kilomètres) existe du fait notamment du « dérapage »(*) inhérent à la conception aérodynamique du V1 et/ou des conditions climatiques.
Le pulsoréacteur lui permet d’atteindre une vitesse de croisière d’environ 580 Km/h pour des cibles à plus de 200 Km de son point de lancement.
En revanche pour parvenir à décoller, à lui seul, le pulsoréacteur à lui seul ne suffit pas. Il est indispensable de catapulter la bombe volante à partir d’une rampe de lancement orientée vers l’objectif. Le site sera en général protégé par des murs protecteurs le long de la rampe longue de 49 mètres et inclinée de 6° degrés par rapport au sol, elle est fermement fixée à des plots bétonnés sur la piste de tir afin de supporter la poussée produite par le lancement de l’arme. Pour tirer un V1 il est impératif de suivre un protocole précis dans lequel entrent en jeu plusieurs matériels extérieurs. En premier lieu, un chariot de transbordement est utilisé pour positionner le V1 sur la catapulte. À l’intérieur de celle-ci on trouve un tube qui la traverse sur toute sa longueur et fendu longitudinalement sur sa partie supérieure. Dans ce tube est placé un piston qui laisse dépasser un ergot sur le dessus de la catapulte grâce à la fente. C’est sur ce ‘crochet’ que le V1 est arrimé. L’utilisation d’un générateur de vapeur est ensuite requise. Il vient s’ancrer à l’extrémité du tube de la catapulte et contient une chambre dans laquelle sont mélangées deux solutions chimiques : le permanganate de potassium et le peroxyde d’hydrogène. Le résultat dégage une importante énergie dans le tube de la catapulte. Le piston subit alors une forte poussée, se met en mouvement qui entraîne le V1 avec lui. En sortie de catapultage, le V1 se retrouve projeté à une vitesse d’environ 250 Km/h, vitesse suffisante pour que le relais soit pris par le pulsoréacteur, allumé environ deux minutes avant le tir.

En quittant la catapulte, l’arme se désolidarise du piston qui termine sa course à environ 200 ou 300 mètres de la rampe de lancement et qui peut être réutilisé par la suite. Les solutions chimiques utilisées dans ce processus imposent un nettoyage complet de la catapulte et du générateur de vapeur une fois le lancement effectué en raison de la très grande corrosivité produite par la réaction.
Diorama d'exemple de site de lancement

Quelques chiffres
• Longueur : 8,32 m
• Envergure : 5,37 m
• Diamètre : 0,82 m
• Poids au décollage : 2 200 kg
• Charge explosive : de 830 à 874 kg
• Carburant : 550 litres
Vitesse de croisière : variant entre 580 et 650 km/h
• Altitude moyenne : 900 à 1500 m
• Temps de vol : 25 à 43 min
• Premier tir réussi d’un V1 le 13 juin 1944
• Nombre de V1 produits : 32 600 unités.
• Nombre de sites de lancement construits ou projetés entre le Nord et le Cotentin :
◦ sites importants : 96
◦ sites simplifiés : 344
• Nombre de V1 tirés entre juin 1944 et mars 1945 :
◦ Au total 22 080 V1 (**) furent lançés contre les villes anglaises, belges, hollandaises et françaises à partir du 13 juin 1944, une semaine après le débarquement.
◦ Il ne faut pas oublier que de l’automne 1944 à mars 1945 près de 12 000 V1 ont été tirés contre les principales aglomérations belges.
(**) Ce chiffre varie légèrement selon les sources
(*) Un aéronef est en vol dit "symétrique" lorsque son axe longitudinale est parallèle au flux d'air. Le vol devient dissymétrique lorsque l'axe longitudinale n'est plus parallèle au flux d'air. On parle également de vol en dérapage. L'axe concerné par le dérapage est l'axe de lacet
Les emplacements des bases de lancement

Les premiers tirs de V1 vers Londres sont donc effectués dans la nuit du 12 au 13 juin 1944, alors que les Alliés ont déjà débarqué en Normandie. Les tirs partent depuis une dizaine de sites de lancement. Ces engins traversent la Manche aux alentours de 650 km/h. Une vitesse qui met Londres à 23 minutes de la Somme !
La campagne de tirs de V1 va durer de mi-juin à fin août 1944.
Des mois durant lesquels principalement les Londoniens, entendront souvent le ronflement sinistre des bombes allemandes qui sera suivi du silence annonciateur de l’impact.
Des V1 tirés depuis la France. Seuls 30 à 40 % atteindront leur objectif.
L’angoisse des Londoniens (mais pas que!)
La précision des V1 s’est avérée assez approximative et ce, en raison du cap qui restera difficile à tenir. Dès l’envol de l’engin, il sera soumis à des problèmes de température, d'altitude, d’ascendances thermiques etc... C'est pour pallier ces situations que les Allemands installent à la citadelle de Doullens (Somme) leur centrale météo et de contrôle de trajectoire pour les V1 lancés depuis la Somme et le Pas-de-Calais .
Rapidement, les Britanniques développeront des parades tels des ballons captifs accrochés à des câbles positionnés sur les côtes ou encore l'envoi d'avions qui tenteront d'abattre les V1 avant qu'ils n'atteignent leur objectif. Certains pilotes étaient devenus experts dans la chasse aux V1 en touchant l'aile de la bombe avec celle de l’avion, pour déstabiliser le V1 qui tombait alors à la mer ou en campagne. Cette chasse n’était pas sans risques, loin de là ! Plusieurs pilotes ont perdu la vie dans l’explosion du V1. Le français, Jean Maridor en étant le parfait exemple avec la destruction de 6 V1.
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Si tous les V1 n'atteignaient pas les côtes anglaises, certains ne parcouraient même après leur lancement que quelques kilomètres dans le ciel de la Somme.
En définitive, ces bombes volantes n'ont pas réussit à infléchir le cours de la guerre. Tout en provoquant d’énormes dégâtsun peu partout, les V1 faisaient naître la panique parmi les habitants du littoral Picard. Dans les zones rurales, les habitants parfois creusaient dans les cours de fermes des petits abris où ils se précipitaient pour se protéger. Il reste encore de nos jours, disséminés dans les bois du littoral des Hauts-de-France et de Normandie, les vestiges des bases de lancement.
Les Britanniques surnommaient ces bombes « Buzz Bombs » ou encore « Doodlebugs ». Le tout premier V1 tomba à Swanscombe dans le Kent il y a 80 ans de cela, le 13 juin 1944 et le dernier à Orpington toujours dans le Kent le 27 mars 1945.
Entre ces deux dates, 6 725 V1 furent lancés sur la Grande-Bretagne et de ces 6725, 2 340 frappèrent Londres, causant la perte de 5 475 personnes et 16 000 blessés !
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Le pire sera encore à venir pour les Londoniens mais cela est une autre histoire. Nous en reparlerons plus tard.
Un site bien camouflè à l'abri de l'aviation mais pas de la Résistance !

Sources:
https://www.google.com/search?q=V1+ramp ... e&ie=UTF-8
https://www.eure.gouv.fr/contenu/telech ... +V1+dans+l
https://www.iwm.org.uk/history/the-v1-f ... nce-weapon
https://www.leblockhaus.com/presentation/v1
https://www.v1histoireetpatrimoine.fr/p ... -bases-v1/

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