P165gba a écrit:... L’Armée rouge déploie à cette occasion une puissance qui stupéfie les autres belligérants des deux camps. À l’issue de ce mouvement, la défaite du groupe d’armées Centre est consommée.
Techniquement, les trois armées qui le composent (4e, 3e panzer et 9e armée) sont détruites, et seuls des éléments épars refluent en Prusse-Orientale et dans les Pays baltes. L’Union soviétique détruit près de 30 des divisions du groupe et brise complètement la ligne de front allemande.
...
...Trois ans jour pour jour après le déclenchement de Barbarossa, le fameux « Groupe d’armées centre », celui qui avait aperçu en décembre 1941 les bulbes de Moscou, est complètement détruit. La Bête est entrée en agonie. ..."
Le 15 juin 1944, le "fameux"
Heeresgruppe Mitte alignait en tout et pour tout:
24
Panzer II, 22
Panzer III, 8
Panzer IV, aucun
Panther et 29
Tiger VI, soit 85
Panzer opérationnels (
einsatzbereit)
3
Panzer II, 2
Panzer III, 9
Panzer IV, aucun
Panther ni
Tiger VI, soit 14
Panzer en réparations (
instandsetzung)
soit au total : 99
Panzer (!), effectif le plus faible de l'ensemble des dotations des
Heeresgruppen Ostfront (
Süd-Ukraine,
Nord-Ukraine,
Mitte,
Nord), auxquels il convient ajouter, en attente de livraison, 25
Panzer IV et 12
Tiger.
C'était un peu plus mieux pour les canons d'assaut, avec 404
StuGe opérationnels, 75, en réparation, et 68, en attente de livraison.
Par comparaison, à la même date, le
Heeresgruppe Südwesten (Italie), alignait 432
Panzer et 341
StuGeAutres détails à préciser, au déclenchement de Bagration:
La
3. Panzer-Armee, en dépit de sa désignation n'alignait aucune
Panzer- et/ou
Panzer-Grenadier-DivisionLa
4. Armee, deux
Panzer-Grenadier-Divisionen , les
18. et
25.La
9. Armee avait, loin sur ses arrières, la
20. Panzer-Division, qui, versée dans la réserve de l'OKW, s’apprêtait probablement à prendre la route du Front Ouest.
Enfin, en retrait, la
2.Armee, à l'ouest du bassin du Pripet, devant Brest-Litovsk.
Pour tenir 700 km de front, çà ne faisait pas bézef, surtout pour s'opposer à quatre groupes d'armées soviétiques, à pleins effectifs!
Il faut aussi rappeler que le renseignement militaire allemand s'était lourdement planté, en tablant sur le gros de l'offensive soviétique, menée plus au nord, au plus proche de la Pologne, entre Brest-Litovsk et Lvov.
C'est le défaut bien connu de nombreux ouvrages "généralistes", celui de ne se référer qu'aux "grandes formations" (Corps d'armée, Armée, Groupe d'armées), surtout quand il s'agit de la
Wehrmachtet de la
Heer, notamment à l'été 1944 ! Si la production de matériels militaires parvient, encore, à péniblement remplacer les pertes sur les fronts, l'armée allemande est à la ramasse pour compléter ses rangs de biffins et ses équipages de blindés; les "anciens", indispensables pour assurer l'encadrement et compléter l'instruction des "Bleus" sur le terrain, se font de plus en plus rares, et, pour accélérer la relève sur le front, on est déjà contraint de prévoir à court terme de raccourcir les 12 semaines d'instruction de base (hors cours de spécialités), qui étaient jusque-là la règle!
En juin 1944, l'OKW avait ainsi publié un état général (effectif, dotation, moral, valeur combative) pour les unités placées sous son autorité opérationnelle - Front Ouest, Front Sud-Ouest (Italie) et Front Sud-Est (Balkans) -; le bilan était "déprimant", car le corps des officiers était numériquement insuffisant, celui des sous-officiers, artificiellement gonflé par le biais de troufions promus trop rapidement, sachant que les plus expérimentés faisaient, eux-mêmes, souvent fonction d'officiers - résultat efficace obtenu, par le biais des règles appliquées durant la Reichswehr de "100 000 hommes" (1921-1931), qui avaient imposé aux officiers, sous-officiers et "pinpins de base" d'être "initiés" aux rôles et fonctions des deux grades supérieurs (et devoir les remplacer au besoin).
NOTA : Il convient, néanmoins, de différencier cette "méthode" allemande de formation des "usages" de l'US Army, où les jeunes officiers, sous-lieutenants, lieutenants, d'active (sortis de West Point) ou de réserve, s'en remettaient, le plus souvent, sur le terrain, aux conseils avisés, issus de l'expérience, de leurs sous-officiers supérieurs - sergent-chef, etc. -, tous, militaires professionnels, la conscription n'étant pas la règle, aux States, avant décembre 1941.
fanacyr a écrit:Lu ailleurs que l'offensive avait pris du retard et devait démarrer autour du 6 juin. Vrai ?
Ou alors les Soviétiques tenaient à venger le 22 juin 1941 !
D'autres sources indiquent que les Alliés occidentaux auraient demandé aux Soviétiques, quelques jours plus tôt, de déclencher le plus vite possible, sur le Front Est, l'offensive qu'ils avaient prévue - dont le GQG allié était informé, à minima, des intentions! - , afin d'empêcher ou de limiter au maximum l'envoi de renforts allemands sur le début de front tentant de s'installer dans le Cotentin!
D'une certaine manière, çà s'était "vérifié", en Normandie, avec la très faible présence des
Heeres-StuG-Brigaden, les unités de canons d'assaut de la
Sturmartillerie (
In 4), qui, même, affectées à la démolition de cibles terrestres plus ou ou moins "molles" (80% de leur "travail" effectif!) se taillaient, sur le Front Est, la part du lion, avec, déjà, à l'époque, 20 000 blindés soviétiques détruits.
Je n'ai, bien entendu, pas les compétences militaires pour "conclure" que çà avait été une erreur, même, si, de par la silhouette ramassée des canons d'assaut, les performances antichars de leurs canons - y compris, aux courtes portées exigées par le bocage, celles des obusiers de 10,5 cm, qui armait le
StuH 42 d'appui-feu, et de leurs munitions antichars-, et les méthodes spécifiques de combat de la Sturmartillerie (à ne surtout pas confondre avec l'emploi des
StuGe par les unités de "
Panzerjäger" de la
Panzerwaffe ! -, notamment celle "
en meute", lesdits
StuGe et
StuH étaient largement en capacité de faire très, voire très mal aux blindés alliés. A mon humble opinion, bien plus que les dégâts réalisés par les Panther et autres Tiger, tous, égarés sur un environnement de combat inadapté à leurs "performances", car ils avaient tous été conçus pour opérer sur le Front Est et, notamment, la très grande visibilité qu'offraient ses plaines et steppes!
Le 7,5 cm KwK 42 de 70 calibres du Panther avait été conçu pour "allumer", à coup sûr, à 1500 m, un blindé soviétique! ladite pièce affichait sensiblement les mêmes performances, mais pour un poids moindre du canon et de ses munitions, du Tiger I, lui, affligé, de surcroit, d'une moindre mobilité! Le canon de 71 calibres du 8,8 cm, qui armait le Tiger II, avait été, de très loin, la pièce intégrée en tourelle la plus performante de la période, même le "redoutable" 100 mm soviétique ne rivalisait pas avec ses performances! Sauf que, que ce soit Tiger I ou Tiger II, ils n'avaient (strictement) rien à faire en Normandie et, même, globalement, sur le Front Ouest, où, globalement, le Panzer IV, en dépit de la faiblesse générale de son blindage et le StuGe étaient, tous deux, bien adaptés à l'environnement local de combat, qui n'excédait guère, dans le meilleur des cas, une visibilité de combat de "800 m"
Il existe, certes, le 11 avril 1945, sur le Front Ouest, un "allumage", particulièrement meurtrier, mené sur un convoi de blindés et camions alliés progressant sur une voie routière, à pas loin de 4 000 m (!) par les canons de 1
2,8 cm L/55 de quatre
Jagdtiger de la
502, positionnés en embuscade, sur les hauteurs avoisinnantes. Mais, dans cette unité, dont le commandement avait été confié, fin janvier-début février 1945, à Otto Carius, issu, lui et ses équipages, des
Tiger à tourelle, çà avait fait gravement "'la gueule" à devoir se retrouver verser pour servir ces "monumentaux" canons d'assaut de "72 tonnes", dépourvus de tourelle - l'unité n'ayant, alors, jamais perçu sa dotation réglementaire de 45 véhicules de combat -, et contraint de devoir servir une pièce, alimentée avec des munitions séparées, à savoir l'obus et sa douille garnie de sa charge propulsive!
Si on fait exception des
StuH, de la
Sturmartillerie, qui, eux, disposaient d'une dotation partielle de munitions encartouchées, alors qu'aucun équipage de la
Panzerwaffe n'utilisait ces munitions "séparées"! Cas particulier, très limité, les +/- 300 équipages de
Sturmpanzer IV, armés de l'obusier de 15 cm et 12 calibres, nécessairement approvisionné - ne serait-ce que par leur poids! - par des munitions séparées (projectile et douille métallique "prégarnie" de ses charges propulsives.
C'est très compliqué "à piger", mais la petite quarantaine de formations de la
Sturmartillerie, des unités, constituées au mieux de 31 canons d'assaut, avec une efficacité opérationnelle désormais largement avérée, étaient très difficilement "détachables" du Front Est. Au tout début de l'été 1944, il y avait une très sérieuse différence à effectuer entre ces formations, qui appartenaient à l'
Artillerie (
In 4), et, notamment, celles constituées, sur décision de Guderian, en compagnies de
Panzerjäger, engagées, elles, le plus souvent - de par la décision de leur Kommandeur! - engagées dans un rôle défensif, formant, ainsi, au mieux, des unités de pièces antichars "mobiles".
Dans cet "univers mélangé", il n'y avait eu que, hormis la
Heeres-Sturmartillerie, très peu de formations de "
StuGe" capables de se distinguer, à l'exception de l'unité de
StuGe de la "
Großdeutschland", intégrée dans le régiment, depuis, en gros, avril 1940, les
Batterien et
Abteilungen historiques de la
Waffen-SS, puis de la "
Batterie" de la "
Hermann Göring", toutes unités formées à l'école de la
Sturmartillerie!
Guderian, promu en tant que "patron" de la
Panzerwaffe, en février 1943 avait, certes, vite pigé que la cadence de production des "
StuGe" pouvait lui permettre de compléter les rangs de la
Panzerwaffe, sauf que rien n'avait, alors, été entrepris pour adapter "efficacement" leur emploi à leur configuration! Si on fait un tour dans les décisions "d'emplois opérationnels" qui les concernaient, force est de constater que les règles d'engagement "mobiles" des
Panzerjäger, chargés d'engager les pièces tractées de
Pak ( 3,7 cm, 5 cm, 7,5 cm, 8,8 cm), n'étaient globalement pas formées pour engager (
StuG. III,
StuG. IV,
Jagdpanzer 38 "Hetzer", ces derniers mis en service à dater d'août 1944, ne datent, au mieux, que du quatrième trimestre 1944!
En gros, il y a "plein de trucs" que la
Heer avait accumulé au fil des combats, mais, un, elle n'était pas la seule des nations belligérantes à les avoir acquis, "constatés" et "appliqués", deux, même, si ses concepteurs industriels avaient été plus performants - sauf le vendredi soi,r après la "tournée" générale de "schnaps" qui avait souvent débouché sur des projets très "improbables" ( je suis gentil!

)... qui, néanmoins, de nos jours, constituent, un, le "gras" des fabricants de "maquettes", deux, le "ravissement" (!) de leurs acheteurs, tous, bizarrement passionnés par ces productions des plus réduites... sans parler des nombreux projets "futuristes" nécessairement non développés, ni achevés avant avril 1945!
