A propos de conditions hivernales particulièrement rigoureuses et notamment en présence d'un épais manteau neigeux, le bourrin, notamment en tant que bête de bât, s'était avèré être plus "performant" qu'un camion (chaussé de pneus) 6x4 ou, même, dans certaines conditions, 6 x6, son principal défaut se résumant dans le poids de la charge portée, limité entre 150 et 200 kg selon l'environnement (et les conditions météo); du coup, là, où un camion pouvait embarquait 1,5 tonnes de "charge utile", il fallait une douzaine de bourrins pour effectuer le même boulot!
Principale réserve (côté allemand), les races de chevaux européens occidentaux, employés et réquisitionnés par la
Heer, n'étaient pas adaptées à de telles conditions hivernales! Dès lors, très vite, dès le début de l'Opération Barbarossa et même avant, l'armée allemande avait réquisitionné, notamment, en Pologne, des troupeaux équidés "élevés" aux confins de la Pologne mitoyenne de l'Ukraine et des Pays Baltes.
Il s'agissait, pour l'essentiel, de "poneys", en réalité de petits chevaux à l'encolure nettement moins haute que les chevaux de bât ou de trait "occidentaux, le plus souvent issus de races chevalines mongoles ou tartares - çà remonte aux invasions asiatiques de la seconde moitié du premier millénaire!-, ce qui pénalisait, certes, leurs capacités d'attelage et de charge, mais, par contre, leur adaptation, acquise "congénitalement", aux conditions hivernales rigoureuses, les faisait, alors, développer naturellement une épaisse toison... d'où un certain nombre de clichés de chevaux "barbus".
Après, dans la "neige profonde", il y avait un autre problème, celui d'un attelage qui remorquait un chariot hippomobile. Cà permettait, effectivement, de concentrer et conjuguer les efforts de l'attelage, sauf que les trains des chariots réglementaires de la
Heer étaient, tous, équipés de roues de petite largeur de bandage, totalement inadaptée aux terrains boueux et fondrières de la
Raspoutitsa saisonnière! Dès les premières semaines de l'hiver 1941-1942, les allemands, en présence d'une épaisse couche de neige avaient, alors, très vite copié l'exemple de la "troïka" russe en employant des "luges attelées", aidés, en cela, par l'expérience des vieilles "rampouilles" de leur encadrement, qui avaient, elles-mêmes, servi sur le Front Est en"1914-1917"!
A dater de 1943, avait été mise en service la production d'une série de chariots hippomobiles en bois, équipés de deux trains de roulement, chaussés de pneumatiques, afin de tenter d'améliorer, entre autres, leur "capacité de roulement" en terrain gras, voire très gras.
Sinon, si on pousse un peu le "bouchon", à dater de l'été 1942, l'armée allemande avait réclamé une flotte de "camions de transport", censés pouvoir opérer "presque", selon les conditions"tout temps" et "tout terrain". La demande avait débouché, dans un premier temps, sur la mise en service de plusieurs séries de "
Maultiere", développés à partir de camions 6x4, dotés, essentiellement, d'un train de pneus avant non moteur et d'un train propulseur chenillé arrière.
Au fil des mois, les industriels allemands avaient fini par mettre au point un "tracteur entièrement chenillé" économique de transport "de première ligne", qui s'était avéré, effectivement, être "tous terrains", le
RSO! Sauf que, affligé d'une vitesse maximale de 17 km/h (sur route goudronnée!), les unités auxquels il avait été attribuées s'étaient, toutes, retrouvées classées "
semi-motorisées", les véhicules semi-chenillés, entièrement chenillés, ou sur "pneus" étant, tous, censés pouvoir se déplacer à, au moins, 25 km/h, vitesse maximale réglementaire de convoi, sur route carrossables!
Au passage, ces
RSO avaient exigé une bonne expérience et souplesse d'emploi de la part de leurs chauffeurs, car leur conduite s'était avérée être particulièrement brutale, vu qu'il n'y avait aucun volant à bord, mais seulement deux leviers, qui, à la demande, agissaient, selon cas, directement sur le "blocage" intempestif du train chenillé droit ou gauche, ne serait-ce que pour négocier la moindre courbe!
