Le pétrole du Caucase, que n'atteindront jamais, à l'été 42 et à une quarantaine de kilomètres près, les troupes allemandes, aurait, alors, constitué une véritable manne stratégique pour l'Allemagne, sauf qu'il est fort probable que les Russes, s'ils avaient été contraints à abandonner leurs exploitations, se seraient débrouiller pour les mettre hors d'usage durant un très long bail. Il suffit de se référer à l'Irak et au Koweit, en 1991, çà avait coûté un pognon monstre et exigé beaucoup de temps, pour parvenir à y faire redémarrer la production.
Même de nos jours, après la seconde Guerre du Golfe, les chiffres fournis cachent la réalité.
Les Saoudiens pètent de trouille devant la production pétrolière iranienne, d'autant que les Iraniens se sont démerdavés, dans le foutoir irakien, pour rallier les "zones chiites" irakiennes à leur cause et "récupérer" leurs ressources pétrolifères - c'est facile, le pétrole, en Irak, est surtout concentré dans les territoires chiites! C'est ballot! -.
Mais, pour en revenir à la WW2, ils sont bien gentils, les Brits, car, depuis 1913, ils avaient constituée, avec la Royal Navy, directement prenante au sein du "conseil d'administration", un consortium anglo-perse, qui leur avait assuré, déjà, durant la Der des Ders, la fourniture nécessaire de pétrole. Entre 1918 et 1939, il y avait eu, certes, d'autres découvertes de champ pétroliers, dans d'autres Dominions britanniques, mais rien à voir avec la production perse!
L'exploitation du pétrole irakien avait été tardive, pour une histoire de profondeur de forage et, mais je peux me tromper, sa "commercialisation" par l'Aramco, joint-venture britannique, date, au mieux de 1944-1945. A la même époque, les Brits étaient en train de se faire piquer les ressources pétrolifères saoudiennes par les Ricains, qui avaient mis les petits plats dans les grands auprès de la famille régnante saoudienne!
Le pétrole du Caucase est à peine suffisant pour les besoins intérieurs de la Russie, dont son agriculture collectivisée représente environ la moitié. Si donc l'Allemagne voulait exploiter les ressources céréalières de l'Ukraine, en plus de prendre des quantités substantielles de pétrole du Caucase pour son propre usage, elle devrait sacrifier les besoins des transports, de l'industrie et de la population civile de la Russie occupée et la production agricole en souffrirait.
En ce qui concerne les rapports "avisés" des services britanniques sur le sujet, celui que tu cites s'embarque dans une voie, alors, "irréaliste", en voulant procéder à des projections agricoles ou pour l'usage de la population civile. Le pétrole du Caucase aurait, avant tout, servi, essentiellement, au ravitaillement de la Wehrmacht.
Les ressources allemandes en charbon satisfaisaient, plus ou moins, aux besoins de sa population et de son industrie; les installations de chauffage personnelles ou collectives marchaient au charbon - c'est encore le cas de nos jours!

-. Il n'y avait juste que le cas du parc automobile civil (voitures et poids lourds), qui posait problème ... et le pétrole, pour les lampes, quand il n'y avait plus d'électricité!
L' Allemagne, certes, manquait de pétrole - comme la France! - mais elle avait des ressources quasi "inépuisables" en charbon et en fer. Elle avait mis au point, dès 1943, des stations de conversion de pétrole synthétique, à partir du charbon, sauf qu'elle n'avait pas pu se constituer de grands centres de production, en raison des raids aériens alliés et que ces petites installations, volontairement disséminées, étaient devenues, en 1944, des cibles de choix, de même que les camions-citernes qui effectuaient les noria.
De même, dans le cadre d'une exploitation des "greniers à blé" ukrainiens ou russes, elle n'avait strictement rien à secouer, dans un immédiat proche, des possibles moyens techniques employés. Elle avait la main d’œuvre, ne serait-ce qu'en raison de la très faible modernisation de l'outil agricole soviétique, car hormis une dizaine de kolkhozes, qui avaient servi d'affiches publicitaires au régime soviétique, l'agriculture locale se faisait "à l'ancienne", avec un soc tiré par un paire de bourrins ou de boeufs!
La Grande-Bretagne qui n'a, pourtant, jamais été une "flèche" dans le domaine agricole, était, alors, à des années-lumières ne serait-ce que du contexte paysan français et plus on s'enfonçait vers l'est, plus çà s'accentuait!
