MOSCA a écrit:Réponse laconique: non. Hitler n'a eu de cesse de faire entrer le japon en guerre contre l'URSS,
Pas entre le pacte germano-soviétique et le 22 juin 1941 - du moins pas à ma connaissance. A l'inverse, au printemps 1941, Hitler demande aux Japonais d'attaquer Singapour, pour faire pression sur la Grande-Bretagne et l'inciter à signer la paix.
MOSCA a écrit:raison pour laquelle il déclara la guerre aux Etats Unis en 41.
Certes, mais la déclaration de guerre aux Etats-Unis ne découle pas uniquement de ce motif. Pour Hitler, cette guerre apparaissait de plus en plus inévitable, particulièrement au second semestre 1941. En s'alliant au Japon, il a surtout profité de l'occasion offerte par la destruction de la
U.S. Pacific Fleet à Pearl Harbor, qui selon lui ne pouvait que retarder l'entrée en scène de la colossale puissance industrielle américaine.
Vider l'abcès avec l'Amérique lui offrait également la possibilité de consolider la légitimité idéologique de l'extermination des Juifs auprès des caciques du Parti nazi : la prophétie publiquement exprimée au
Reichstag le 31 janvier 1939 (si les Juifs déchaînent une guerre mondiale, ils seront exterminés) étant réalisée, il convenait dès lors de faire
"table rase" de la "question juive". Ce qui était valider une décision sans doute antérieure - et antérieurement signifiée à Göring, Himmler et Heydrich.
MOSCA a écrit:Mais en 1939 à Khalkin-Gol, en 38 sur le lac Khassan ou en 37 sur l'Oussouri il n'y est strictement pour rien. Il s'agit de vielles revendications séculaires Mandchoues à l'encontre de l'empire des Tsars et de la Mongolie, que le Mandchoukouo, régime fantoche inféodé au Japon à repris à son compte.
Je ne serais pas aussi affirmatif, ce qui implique que je n'ai pas de réponse précise à formuler (cf. message précédent).
Sur l'aspect purement russo-nippon, toutefois, imputer ces tensions à de
"vieilles revendications séculaires mandchoues" me semble réducteur. Le Japon n'a d'autre intérêt, en Mandchourie, que son exploitation, et n'aligne pas sa politique étrangère sur les éventuels desiderata du régime fantoche de Pu-Yi. En revanche, il n'est pas certainement pas accidentel que les affrontements du lac Khassan et du Khalkin Gol surviennent après les purges du Haut-Commandement de l'Armée rouge, d'une part, et lors de crises internationales majeures (les Sudètes en 1938, Dantzig en 1939), d'autre part. Les
casus belli ne manquent pas, et notamment celui-ci : le soutien apporté par l'Union soviétique à la Chine nationaliste.
Au-delà des intérêts de l'un et l'autre clans à Tokyo et dans les armée du
Kwantung, de Chine et de Corée, le Japon a manifestement cherché à provoquer l'Union soviétique dans la perspective d'une guerre mondiale que les crises tchèque et polonaise rendaient prévisible.
Ce qui freine Tokyo, ce n'est pas tant la méfiance envers Berlin, que le climat de la Sibérie, l'artillerie et les blindés soviétiques servis par 2 millions de soldats amassés à la frontière.
Ce qui stoppe Tokyo, c'est surtout l'aggravation de ses relations avec les Etats-Unis et, notamment, en juillet 1941, l'embargo décrété par ces derniers sur le pétrole. Dès lors, deux options se présentent à Tokyo : calmer le jeu en Asie, ou conquérir les ressources énergétiques d'Asie du Sud-Est. Faute de carburant, en revanche, il est impossible de s'attaquer à la Sibérie.