
La bataille des îles Santa Cruz se déroula du 25 au 27 octobre 1942 Ce fut la quatrième bataille aéronavale du Pacifique de la Seconde Guerre mondiale et le quatrième engagement majeur entre la marine impériale japonaise et la marine américaine durant la bataille de Guadalcanal.
Comme lors des batailles de la mer de Corail, de Midway et des Salomon orientales, les deux flottes entrèrent rarement en contact visuel et toutes les attaques furent menées par l'aviation embarquée ou encore par des appareils basés à terre.
Afin de chasser les Alliés de Guadalcanal et des îles voisines et ainsi sortir de l'impasse existante depuis septembre 1942, l' armée japonaise planifia une large offensive terrestre sur Guadalcanal pour le 23 octobre 1942. Une importante flotte japonaise comprenant plusieurs porte-avions et bâtiments de ligne fut déployée dans le sud des îles Salomon. L’objectif étant d'intercepter les forces navales alliées, en particulier les porte-avions américains qui tenteraient de s'opposer à l'offensive terrestre. Dans le même temps, les Alliés espéraient également engager les forces navales japonaises pour chasser les Japonais de la région.
L'offensive terrestre japonaise sur Guadalcanal fut repoussée lors de la bataille d'Henderson Field (*). Les forces américaines et japonaises rentrèrent en contact le matin du 26 octobre 1942 juste au nord des îles Santa Cruz. Après une série d'attaques aériennes, les deux flottes quittèrent la zone avec de lourdes pertes. Si l’on compte le nombre de navires et d'appareils détruits ou endommagés, les Japonais avaient remporté une victoire tactique, mais leurs forces perdues furent bien plus difficiles à reconstituer.
La bataille est donc un peu considérée comme une victoire japonaise "à la Pyrrhus » et les porte-avions japonais ne jouèrent pas d'autre rôle significatif dans la campagne de Guadalcanal qui fut finalement remportée par les Alliés.
(*) Henderson Field est le terrain d’aviation de Guadalcanal construit par les Japonais . Il fut le théatre d’une sanglante bataille pour sa possession.
Carte du secteur

Les iîles de Santa Cruz se trouvent entourées
Petit retour en arrière :
Le 7 août 1942, les forces alliées, ausraliennes, néo-zélaidaises mais principalement américaines, débarquèrent à Guadalcanal, Tulagi et sur les îles Florida dans les îles Salomon. Les débarquements sur ces îles devaient permettre d'empêcher les Japonais de les utiliser pour menacer les routes de ravitaillement entre les États-Unis et l'Australie. Leur contrôle pouvait également servir à isoler la grande base japonaise de Rabaul et jouer un rôle de soutien pour la campagne de Nouvelle-Guinée. Les débarquements marquèrent le début de la bataille de Guadalcanal qui dura près de six mois.
Après la bataille des Salomon orientales, au cours de laquelle le porte-avions USS Enterprise fut sévèrement endommagé, il ne restait plus que trois groupes aéronavals américains dans le Pacifique Sud. Ces derniers étaient composés des porte-avions USS Wasp, Saratoga et Hornet, de leur aviation embarquée et des navires de soutien qui étaient stationnés entre les îles Salomon et les Nouvelles-Hébrides. Les porte-avions pouvaient ainsi protéger les lignes de ravitaillement et de communication entre les principales bases alliées en Nouvelle-Calédonie et Espiritu Santo, soutenir les troupes terrestres à Guadalcanal et Tulagi et engager les navires japonais, et en particulier les porte-avions, qui passaient à proximité.
La zone de l'océan dans laquelle les groupes aéronavals américains opéraient était surnommée « le carrefour des torpilles » par les marins américains en raison de la forte concentration de sous-marins japonais. Le 31 août, l'USS Saratoga fut torpillé par le sous-marin I-26 et fut mis hors de combat pendant trois mois. Le 14 septembre, l'USS Wasp fut touché par trois torpilles du sous-marin I-19 alors qu'il escortait un important convoi de ravitaillement allié à destination de Guadalcanal et faillit engager les porte-avions japonais Shōkaku et Zuikaku qui se retirèrent juste avant que les deux flottes ne soient à portée l'une de l'autre. Sans électricité, l'équipage de l'USS Wasp ne parvint pas à circonscrire les incendies et le navire fut abandonné puis sabordé ainsi que nous l’avons relaté il y a peu.
Même s'ils ne disposaient plus que d'un seul porte-avions opérationnel, l'USS Hornet, dans le Pacifique Sud, les Alliés conservaient la supériorité aérienne dans le sud des Salomon grâce à la base aérienne d'Henderson Field (Guadalcanal). Néanmoins les appareils de cette base ne pouvaient pas opérer de nuit et les Japonais pouvaient donc naviguer autour de Guadalcanal presque sans opposition à la faveur de l'obscurité. La situation militaire sur l'île était donc bloquée avec les Alliés acheminant les renforts et du ravitaillement pendant la journée et les Japonais faisant de même pendant la nuit avec le “Tokyo Express” sans qu'aucun des deux camps ne parvienne à prendre un avantage décisif. Au milieu du mois d'octobre, les deux adversaires avaient presque le même nombre de troupes sur l'île. Cette impasse fut brièvement interrompue par deux affrontements maritimes. Dans la nuit du 11 au 12 octobre, une flottille américaine intercepta une escadre japonaise en route pour bombarder la base aérienne de Guadalcanal au cours de la bataille du cap Espérance. Deux nuit plus tard, une autre flotte japonaise incluant les cuirassés Haruna et Kongō parvint à bombarder l'aérodrome et à détruire la plupart des installations et des appareils. Même s'il restait partiellement opérationnel, il fallut plusieurs semaines pour réparer les dégâts et remplacer les appareils détruits.
Le 23 octobre, réparé, l’ Enterprise il rejoignit le Hornet et le reste des forces navales alliées dans le Pacifique Sud à 500 km au nord-est d'Espiritu Santo.
Le 18 octobre, l'amiral Nimitz, commandant en chef, remplaça le vice-amiral Robert L. Ghormley par le vice-amiral William F. Halsey en tant que commandant de la zone du Pacifique Sud , Halsey commença immédiatement à planifier une opération visant à engager les forces navales japonaises.
L'amiral Halsey

Entre le 20 et le 25 octobre, les forces terrestres japonaises sur Guadalcanal tentèrent de s'emparer d'Henderson Field mais elles furent repoussées avec de lourdes pertes par les Américaine lors de la bataille d'Henderson Field. Croyant à tort que les Japonais avaient sécurisé l'aérodrome, une flottille japonaise approcha de Guadalcanal le matin du 25 octobre pour apporter son soutien à l'offensive. Les appareils d'Henderson Field attaquèrent le convoi toute la journée et coulèrent le croiseur léger Yura et endommagèrent le destroyer Akizuki .
Malgré l'échec de l'offensive terrestre japonaise, le reste de la Flotte combinée continua de manœuvrer dans le sud des îles Salomon le 25 octobre à la recherche des navires américains. La flotte japonaise comprenait alors quatre porte-avions car un incendie accidentel avait obligé le Hiyō à retourner à Truk pour réparations. Les forces japonaises furent divisées en trois groupes comprenant le Jun'yō, deux cuirassés, quatre croiseurs lourds, un croiseur léger et dix destroyers (commandé par le vice-amiral Nobutake Kondō à bord du croiseur lourd Atago ) puis les porte-avions Shōkaku, Zuikaku et Zuihō avec un croiseur lourd et huit destroyers (commandé par le vice-amiral Nagumo à bord du Shōkaku) et enfin deux cuirassés, trois croiseurs lourds, un croiseur léger et sept destroyers (commandé par le contre-amiral Hiroaki Abe à bord du Hiei). Kondō était également le commandant en chef des trois forces.
L'île de Truk

Du côté américain, le contre-amiral Kinkaid et les groupes aéronavals du Hornet et de l’ Enterprise patrouillaient au nord des îles Santa Cruz le matin du 25 octobre à la recherche des navires japonais. Les navires américains étaient déployés en deux flottes centrées sur les porte-avions et séparées d'environ 8 miles nautiques (15 km). Les forces américaines étaient composés des deux porte-avions, du cuirassé South Dakota, de six croiseurs, les Portland, San Juan, Northampton, Pensacola, San Diego et Juneau ainsi que de 14 destroyers. Un hydravion PBY Catalina basé dans les îles Santa Cruz localisa la principale flotte japonaise à 11 h 03 mais celle-ci se trouvait à environ 350 nautiques( 650 km) des navires américains, juste hors de portée de l'aviation embarquée. Kinkaid, espérant pouvoir lancer une attaque dans la journée, mit le cap à pleine vitesse sur la flotte japonaise et 23 appareils décollèrent à 14 h 25. Néanmoins, les Japonais, sachant qu'ils avaient été repérés par les appareils américains et ignorant où se trouvait la flotte américaine, mirent le cap au nord hors de portée de l'aviation embarquée américaine. Ainsi, les appareils américains ne virent pas les navires japonais et revinrent à leurs porte-avions.
A suivre….

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