
Procès de Riom
Riom est une petite ville dans le département du Puy-de-Dôme en Auvergne dans laquelle se déroule en 1942 un procès visant à juger les responsables de la défaite de 1940.
Voulu par le régime de Vichy et par le Maréchal Pétain, ce procès devait faire la preuve que la IIIème république était un mauvais système qui avait précipité la France dans la défaite.
Les militaires espéraient, par ce procès, rejeter leur échec sur d’autres qu’eux et l’Allemagne saisissait cette opportunité de pouvoir prouver l’inefficacité d’un régime démocratique et condamner les anciens responsables politiques en tant « qu’agresseurs » (la France avait déclaré la guerre à l’Allemagne).
L’accusation
Celle-ci visait à prouver l’impréparation de la nation dans les années précédant le conflit.
Les hommes politiques en charge du pays n’avaient pas équipé l’armée française, ce qui avait eu comme conséquence la défaite.
La Cour de Justice
Elle est chargée de juger les ministres, les anciens ministres et leurs subordonnés immédiats, accusés d’avoir trahi les devoirs de leur charge dans les actes qui ont concouru au passage de l’état de paix à l’état de guerre avant le 04/09/1939 et dans ceux qui ont ultérieurement aggravé les conséquences de la situation ainsi créée.
La période incriminée allait de 1936 (Front Populaire) à 1940. Elle était constituée de neuf juges. Le Président était Pierre Caous, le Procureur, Gustave Cassagnau, et l’avocat général, Maurice Gabolde.
L’instruction
400 témoins sont convoqués, dont de nombreux militaires qui devaient témoigner qu’ils n’avaient pas eu l’armement et le matériel pour vaincre.
Sont mis en cause les politiciens qui avaient instauré la semaine de 40 heures, les congés payés et les nationalisations, ainsi que l’absence de fermeté dans la répression des éléments subversifs responsables des maux de la société française.
Sont jugés Léon Blum, Edouard Daladier, Maurice Gamelin, Guy La Chambre, Robert Jacomet, Paul Reynaud et Georges Mandel.
Les interrogatoires de Daladier, Blum, La Chambre et Jacomet firent une profonde impression sur la cour.
Le gouvernement du Maréchal Pétain était déconcerté par l’effet produit sur l’opinion publique et sur l’opinion mondiale (par les correspondants de presse). Il importait donc, dans l’intérêt du Gouvernement de Vichy et dans l’intérêt personnel de quelques ministres, et, surtout du Maréchal Pétain dont la responsabilité était immense, de mettre fin à des débats où les accusés se faisaient accusateurs.
Le procès fut donc rapidement interrompu, car Vichy se refusait à tout débat contradictoire.

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