Quand on se penche sur l'évolution des torpilles de "surface", tirées par un bâtiment non submersible ou, plus tard, par un aéronef, on constate que, en gros, leur évolution en avait pris un très sérieux coup après leurs loupés répétés durant le conflit nippo-russe de 1904-1906! Les Japonais avaient, alors, engagé leurs flottilles de torpilleurs, notamment devant Port-Arthur, avec des résultats qui avaient avoisiné avec le "zéro absolu"!
Les résultats avaient, certes, été pris en considération par les grandes flottes occidentales, comme notre Marine Nationale, qui, entre parenthèses, depuis la fin de la décennie 1880 et l'avènement des théories de la "Jeune École" et de l'action, notamment, chez les politiques" de ses thuriféraires les plus inconditionnels, qui dérivaient très largement des concepts premiers de l'amiral Aube. En France, la gouvernance ou l'opposition parlementaire de gauche, selon l'époque, en était arrivé à considérer le torpilleur comme le symbole de la démocratie populaire, tandis que les croiseurs lourds, mais, surtout, les cuirassés, eux, étaient l'exemple de la supposée domination "capitaliste" des maitres de de forge.
Au passage, çà nous avait bien arrangé, car on était en train de mettre en place une armée de terre digne de ce nom, dans l'éventualité d'une guerre avec l'Allemagne. Certes, l'affrontement naval historique avec l’Angleterre, depuis 1815, n'était pas pour autant passé aux oubliettes. Sauf que, à l'inverse des Brits iliens, nous étions dans l'obligation de mettre en place, d'urgence, une Armée de terre capable de s'opposer à un puissant agresseur.
Donc, on arrive en 1905-1906, à l'occasion du bilan "technique" du conflit russo-japonais, notamment naval, et la conclusion tombe comme un couperet, le torpilleur ne vaut pas "peau de lapin, alors que le cuirassé, lui, s'avère être essentiel. Je connais, de nom (!), certains "décisionnaires" gouvernementaux, dont un ex-ministre (de fraiche date!) de la Marine, rel qe Lanessan, qui, à l'époque, avaient tourné casaque et découvert, brutalement, les bienfaits d'une flotte de cuirassés.
Cela dit, dès la célèbre "Affaire de Fachoda", en 1898, nous avions très vite constaté que , de notre côté, nous avions strictement rien à opposer, face à la ligne de cuirassés britannique, sauf se prendre une énième tôle monumentale, avec nos flottilles de petits torpilleurs, totalement inadaptés pour naviguer et, surtout, opérer dans des mers formées!
Vu les effectifs de torpilleurs déployés, à l'époque, dans les principales marines européennes, il n'était pas question de les ferrailler, sauf que leur emploi était, brutalement, devenu secondaire. L'autonomie et la vitesse des torpilles s'était très sérieusement , mais leur emploi, en "surface " était condamné. Dans le meilleur cas, comme au Jutland, en cours de soirée du 31 mai 1916, leur largage "en masse" (sans résultat!) avait permis à la flotte de s'esquiver, au grand dam de la Royal Navy, qui espérait, ce jour-là, pouvoir anéantir, ou presque, la flotte cuirassée allemande!
Le concept du torpilleur avait, alors, dès 1906, été "torpillé" - c'est le cas de le dire -, par les faits. Seul, celui du "contre-torpilleur", plus puissant et mieux armé, - au passage, une invention britannique, le
destroyer, pour contrer nos torpilleurs! - devenu, d'abord, après la Seconde Guerre Mondiale, un escorteur, puis, désormais, une "frégate", a survécu!
