Dog Red a écrit:Un tiers environ.
Ce chiffre me paraît significatif du poids de l'aviation stratégique dans la bataille.
En parlant de l'aviation américaine, deux entreprises américaines, Bardahl et Wynn's, avaient fait fortune en lui fournissant des additifs spéciaux, dits "
extrême pression", pour huiles moteurs.
La lubrification des moteurs des appareils à hélice s'effectuait généralement par "
carter sec", l'huile se contentant, alors, de circuler dans ledit carter, à partir d'une "bâche à huile" distincte, extérieure au moteur, et un jeu de pompes aspirantes-refoulantes. Néanmoins, le bas-moteur restait exposé notamment aux pélots de la DCA et, même, avec un "carter sec", quand ce dernier encaissait un pélot, la circulation d'huile était, au mieux, réduite, au pire, interrompue!
Les additifs conçus par les deux firmes précitées, lors de la lubrification des cylindres à chaque cycle moteur, généraient un "film extrême pression", à la fois, sur la surface du piston et du cylindre, qui retardait le serrage du moteur privé de lubrification! Ce "traitement de surface" n'avait, certes, qu'une durée limitée, mais, notamment, à bord des appareils multi-moteurs, il avait permis à de nombreux équipages de bombardiers, soit de parvenir à rejoindre leurs terrains, soit d'atterrir ou amerrir +/- en catastrophe, mais hors des zones occupées par l'ennemi!
Dans ma jeunesse, en 1972-1973, j'ai eu bossé, comme commercial "terrain", chez Wynn's Industrie, branche, notamment, spécialisée dans les additifs et les lubrifiants d'usinage. On se "trimbalait" une machine de démonstration, où tournait très rapidement un roulement à billes venant frotter sur un galet en acier de très grande résistance. On empruntait alors, au client potentiel, un petit godet de son liquide d'usinage (tour, fraiseuse), on engageait les deux rouleaux et, 9 fois sur 10, çà serrait très vite - simulant, ainsi, les limites de l'usinage et du "frottement! -, puis, on rajoutait une petite dose de Wynn's, on dégageait le godet de lubrification, puis on laissait tourner "à sec". Croyez-moi, la différence était spectaculaire! ...
Sauf qu'il y avait un problème économique à la clef, car les lubrifiants d'usinage, que je proposais, coûtaient, généralement, le double de celui utilisé habituellement par l'usineur!

Il y avait certes des bilans à effectuer, tels que la durée de vie comparée des outils de coupe, les vitesses de travail, les qualités des aciers usinés, etc., sauf que, hélas, à l'époque, c'était un peu trop souvent le comptable de la boite qui avait le dernier mot! Accessoirement, les lubrifiants d'usinage "à prix économique" généraient souvent des dermatoses, ce qui faisait qu'on retrouvait le "patron" de la boite, en bleu de chauffe, à la manoeuvre sur la machine-outil jugée la plus "dangereuse", tandis qu'il fallait éviter comme la peste, le "comptable", qui, lui, se trimbalait en "costume-cravate"! Wouarf, toute une époque révolue, vieille désormais de "54 ans"!
