[739] kfranc a écrit:Je ne nie pas que 2 jours ne parait pas bien lourd pour papoter! Mais je pense qu'à partir du 26 mai, il est évident que les Anglais arrivent à rembarquer, ce qui n'était pas envisageable avant. C'est la seule raison qui explique la reprise de l'offensive dans ce scénario. AH réalise qu'il a perdu la partie diplomatique et jette l'éponge.
Deux affirmations dans ce paragraphe :
a) Le 26 mai il est évident que les Anglais arrivent à rembarquer
b) AH réalise qu'il a perdu la partie diplomatique et jette l'épongeEn guise de réponse :
a) Le 26 mai il est évident que le rembarquement a commencé. Il est difficile pour AH de savoir s'il est le début d'une vaste opération qui va sauver une part importante de la "british expeditionary force".
b) Vous affirmez, en dépit du bon sens, qu'Adolf Hitler est capable de savoir s'il a perdu la parti diplomatique.
[828] François Delpla a écrit:dans mon interprétation du moins, il ne s'agit pas de papoter pendant la durée de l'arrêt, mais d'offrir une chance à une éventuelle fronde du cabinet britannique (et Hitler ne sait pas, mais a des raisons de supposer que Halifax en mijote une; de fait il franchit le Rubicon en recevant l'ambassadeur italien le 25 vers 17h) de produire des effets qui rendent superflu le bouclage de l'encerclement.
On a bien compris qu'il s'agit d'offrir une chance à une éventuelle fronde du cabinet britannique. Hitler est dans le brouillard, il ne connait pas l'état d'avancement des discussions à Londres. En conséquence la thèse diplomatique ne tient pas debout. Hitler n'a aucun moyen de savoir à quel moment Halifax sera en position de faire triompher son point de vue. Il ne peut pas savoir si la discussion au sein du "war cabinet" va se terminer le 26 ou si elle va se poursuivre quelques jours supplémentaires. Les historiens savent qu'elle s'est terminé le 28 mai.
Hitler a-t-il pensé qu'il fallait offrir un délai à Londres ? Pourquoi agir ainsi, en plein brouillard, alors qu'il est tellement facile de poursuivre la lutte quelques semaines (cf. numéro 225) et neutraliser cette armée française sans laquelle, pense-t-il, l'Angleterre ne peut pas sérieusement envisager de continuer la lutte ?
Pourquoi Hitler aurait-il agi ainsi, alors que les effets du haltbefehl, dans le cadre d'une manoeuvre diplomatique, sont aléatoires ?
Si l'on suppose que le halt-befehl s'inscrit dans une vaste manoeuvre diplomatique, cela veut dire que Hitler a lui même pris le risque de saboter cette manoeuvre en ordonnant la fin du haltbefehl le 26 mai.
Ayant lu "five days in London", nous savons que lord Halifax continue la discussion avec Chamberlain et Attlee au delà du 26 mai. Ce jour là il ne s'avoue pas encore vaincu. Il a bon espoir de convaincre ses collègues du "war cabinet" que le moment est venu d'envisager des négociations. Il faut attendre le 28 mai pour qu'il jette l'éponge.
[600] François Delpla a écrit:Hitler stoppe dans l'éventualité où l'offre faite le 6 mai via Dahlerus aurait besoin de quelques jours supplémentaires pour faire son effet sur une Angleterre cornaquée depuis le 10 par le "Juif" Churchill. Les raisonnables lui ont confié inconsidérément le gouvernail, ils peuvent se reprendre et le lui reprendre. Ou Churchill lui-même peut avoir un accès de réalisme. Mais cela peut ne pas marcher, donc l'arrêt est bref, furtif, habillé de raisons militaires de bric et de broc
Alors l'arrêt est tellement bref que Hitler prend le risque de saboter la manœuvre diplomatique qu'il a lui même conçu ? La courte durée du haltbefehl ne laisse pas beaucoup de temps à Halifax.
En supposant qu'Hitler soit assez confiant dans la force de persuasion de lord Halifax au sein du "war cabinet", pourquoi prendre le risque de saboter les efforts du ministre anglais ?