Référence, post 307, 18 mai 2017, auteur : Nicolas BernardNicolas Bernard a écrit:Et histoire d'achever ce "cher" Loïc...
Bonjour,
Je ne suis pas certain d'être le plus "foireux" des deux.
Ce document de 2 pages figure dans le KTB de la 8. Panzer-Division, pour le mois de mai 1940, classé "
en bordel, couvrez!" par l'US NARA (roll T 315 R470, feuillets 01299 et 1300.
La coïncidence de dates entre ce document, établi le 24 mai, et les "évènements" qui se déroulent, ce même jour, à Charleville, au QG. du Heeresgruppe, n'est pas innocente.
Il est évident que la mise en place de ces différentes dispositions ne datait pas de ce même jour, mais il révèle, au moins, que les problèmes techniques, rencontrés par le matériel roulant - et, en priorité, les blindés, comme précisé dans le texte -, avaient été pris en compte quelques jours plus tôt. A vue de nez, je dirais, 48 heures avant (21 ou 22 mai, au plus tôt), car il faut, quand même, un peu de temps pour lister les besoins, constituer (sur le papier) le groupe de réparation, désigner son chef, sa subordination, créer les dépôts de pièces de rechange, etc. Toutes les mises en place et les remontées d'information par les unités sont fixées au 26 mai 40, soit 48H00 après l'émission de ladite note de service.
NOTA : Au sujet de ce document "papier", il est plus que vraisemblable, qu'il ne pouvait être réceptionné le jour-même (24 mai), par ses destinataires, mais qu'il avait, probablement, fait l'objet d'un telex, avant d'être rédigé au propre. Il existe, peut-être, l'original télexé dans les archives de l'OKH, service du Generalquartiermeister. L'envoi de la remontée, à l'OKH, des décisions prises le 24H00, avait été à fixée, à 17H30 (de mémoire!), ce même jour, l'heure est précisée dans les documents du H.Gr.A. Si çà se trouve, la circulaire du H.Qu., elle, avait été établie, quelques "heures" plus tard, mais je ne suis pas devin.
Donc, en résumé, les unités, sur le terrain, ont signalé, depuis plusieurs jours, que leurs parcs de véhicules souffrent de problèmes techniques. Mais, à l'OKH, on a plus ou moins tendance à considérer qu'ils s'inquiètent pour des "peccadilles", même, si certains services d'intendance de l'OKH ont, déjà, transmis, depuis quelques jours, des rapports allant dans ce sens - si mes souvenirs sont bons, j'avais, au moins, publié l'un d'entre eux -. La priorité de l'OKH, c'est compréhensible, était de respecter, scrupuleusement, son plan de marche. Il suffit de voir la tronche d'Halder à l'annonce du Haltebefehl, pour comprendre qu'il n'était pas du goût de tout le monde, mais, comme par hasard, il s'agissait, là, de hauts cadres du grand état-major, qui, au mieux, n'avaient pas été au-delà du QG du Heeresgruppe A, lors de leurs éventuels déplacements.
On était "tranquillement" à s'organiser pour traiter les problèmes techniques, jusqu'à l'arrivée des décisions "dodolfiennes" et, là, certains hauts cadres ont, tout de suite, senti la direction et du vent du boulet. D'où la ponte, "en catastrophe", de cette note de service et les remarques "amusantes" qu'elle contient sur la compétence techniques des ingénieurs-mécaniciens, au sein des unités de Panzer. Ils avaient du bien se marrer, dans lesdites unités., en lisant çà. Une chose est certaine, le patron de l'unité d'entretien, expédié en urgence, le 26-27 mai, "expertiser" le Gruppe Kleist, lui savait que ce n'était,en rien du pipeau.
Mais tous savaient, parfaitement, que c'était juste une formulation pour" se protéger les fesses", si d'aventure, on se mettait à chercher la petite bête, plus tard (ce qui s'est, probablement, passé!).
Accessoirement, l'armée allemande, en mai 1940, n'avait comme seule expérience du combat, pour ses blindées, la Campagne de Pologne, qui, en gros, avait été "bâclée" en 15 jours - même si la Panzerwaffe y avait, quand même, laissé 236 véhicules de combat (dont 172 Panzer I & II). Le Westfeldzug s'avèrera d'une toute autre intensité et les distances parcourues beaucoup plus importantes, d'où un taux de casse et d'usure plus élevés. De nos jours, nous avons tendance à nous référer aux seules pertes définitives déclarées en août-septembre 1940, à savoir 884 Panzer, classés irréparables, sur les 2591, engagés le 10 mai. Mais, dans la réalité, il n'est pas totalement ridicule d'estimer au triple, le nombres de véhicules, victimes de pannes ou endommagés par les combats, immobilisés pour une durée plus ou moins longue, durant la campagne. Les chiffres indiqués par Alain (Adam) parlent dans ce sens, sachant que les Panzer I et les Befehlswagen (non armés, en dehors d'une malheureuse MG) sont à déduire du parc "réellement" combattant.
L'envoi, sur le terrain, après le 26 mai (12H00) - comme précisé dans le document - du
Pz.Instandsetzungstaffel 531 , une fois que le Gruppe Kleist aura communiqué sa position géographique exacte, confirme, même pour les plus sceptiques d'entre vous, qu'il y avait bien des "problèmes techniques". L'époque ne se prête pas, vraiment, à des promenades touristiques en baie de Somme ou du côté de Dunkerque! Au passage, il ne servait à rien de suspendre la progression des unités blindées, dont celle du groupe Kleist, avant la nuit du 25, vu que l'unité d'entretien spécialisée, chargée de faire un point technique et prendre les dispositions nécessaires, ne pouvait être sur place avant le 27 mai, au petit matin, vraisemblablement, acheminée par avion - un Staffel d'entretien était constitué d'une vingtaine de techniciens - jusqu'au terrain "sécurisé" le plus proche, puis par la route, vers la position des unités; On peut admettre qu'il avait volé dans la nuit du 26 au 27, pour débarquer, en début de matinée à l'état-major du Gruppe Kleist, qui, après une poignée de main rapide et la remise d'un bol de café chaud, l'avait, aussi sec, embarqué dans un camion et un véhicule léger pour le "chef de mission", pour rallier les secteurs des unités.
Pour peu que vous aillez usé vos fonds de culotte, même quelques mois, dans l'Armée, çà devrait vous paraitre logique. Personnellement, je n'y ai passé que quelques années et n'ai, jamais, fait partie d'un état-major d'une telle importance, mais, de ce que j'en ai vécu, en temps de paix où les situations de crise sont rares, çà me parait réaliste. Le "foutoir" d'une situation guerre a, lui-aussi, une importance essentiel. Si vous vous contentez d'analyser la situation terrain et le déclenchement "terrain" des décisions, bonnes ou non, tranquillement depuis votre fauteuil, sans chercher à vous imprégnez, à minima, de l'ambiance délétère et compliquée, qui pouvait, alors, régner du bas au haut de l'échelle, y compris dans la Wehrmacht, alors qu'elle était dans une situation des plus favorables, vous allez droit au plantage avec évènements historico-militaires; Mais, ce n'est que mon avis "d'incompétent notoire".

Les conditions de combat de 1940 n'ont rien à voir avec celles qui existent de nos jours, même, si nos installations-radio modernes sont, toujours, aussi, sensibles à la panne et que le plan le mieux "chiadé" ne résiste pas toujours à la réalité "terrain".
Avant le 10 mai 1940, l'OKH espérait que la Percée des Ardennes lui donnerait l'avantage, mais elle ne s'attendait surement pas à une telle désorganisation de son adversaire. Du coup, tout le monde avait "improvisé" pour essayer d'exploiter la situation, sans trop se poser de questions, jusqu'aux premiers jours de la seconde décade de mai, où, si la situation était inespérée, il existait, néanmoins, des sujets (légitimes) d'inquiétude - à l'été 1914, les armées du Kaiser étaient à 3 jours de marche de Paris, elles y resteront 4 ans, sans y parvenir! -. La pire crainte des Allemands étaient d'offrir suffisamment de temps à l'armée française, pour se reprendre (re-expérience 1914-18).
Honnêtement, je me marre, dans mon coin, quand je vous vois considérer le Haltfehl, comme une erreur stratégique essentielle. Rappelez-moi, juste la suite des évènements... la France acculée à demander l'Armistice, et la Grande-Bretagne, récupérant des milliers de combattants "à poil", sauvée par vingt-cinq bornes de bras de mer! C'était juste, à l'époque, une décision militaire nécessaire, mais "mineure" dans ses conséquences, sauf que, de nos jours, certains veulent, absolument, y voir le début des erreurs stratégiques de Dodolf (Beurk, il n'est, définitivement, pas bon!). Les décisions militaires - j'insiste sur l'adjectif! - prisent le 24 à Charleville, en présence d'Hitler, étaient nécessaires et justifiées.
L'évacuation des troupes coincées dans la Poche de Dunkerque était considérée (logiquement) comme infaisable, même par les britanniques, qui y verront, plus tard, une agréable surprise "coûteuse". La priorité de Dynamo était de récupérer le plus grand nombre de troupes britanniques possibles. Les Français y avaient, systématiquement, été refoulés et l'essentiel des chanceux qui avaient pu bénéficier de la complaisance des commandants de bâtiments, avaient été réexpédiés, aussi sec, vers la France.
Permettez-moi d'avoir de légers doutes sur la crédibilités des confidences tardives d'un architecte, fortement engagé politiquement, et sur la fiabilité de leur traduction anglaise.
Je ne désespère pas de découvrir, un jour, les mémoires, en yiddish, d'un supposé tailleur d'Adolf Hitler, ayant réussi à cacher ses origines juives.
Jusqu'à présent, et je m'y maintiendrai, je n'ai publié QUE des documents militaires officiels, parfaitement vérifiables. Malheureusement, je ne dispose pas, pour le moment, de toutes les archives traitant du Westfeldzug - çà représente un investissement financier non négligeable (à 125 US $, le DVD... le US NARA en comptant plus de 10 000 rolls, sur le seul thème "armée allemande") et beaucoup de temps pour (tenter de) les exploiter -. J'en attends autant de votre part, sachant que j'ai rien vu de tel, depuis votre arrivée dans la discussion, il y a quelques mois. Que des extraits d'ordre du jour du Führer, qui, évidemment, ne peuvent prendre les contingences "terrain" et de mémoires tardives, comme celles d'Halder, qui, à l'époque de leur publication, louchait sur un poste au sein de la la nouvelle Bundeswehr.
Là-dessus, viennent se rajouter les "témoignages" , plus ou moins fiables, de personnels diplomatiques, sincères, surement, mais, très probablement, "enfumés" et à l'arrière de la charrette, pour justifier la thèse "politique".
Tiens, au fait, quel est votre but final ? Nous expliquer que les Allemands avaient été vaincus lors du Wesfeldzug? Cà me parait compliqué!
