Post Numéro: 4
de pierma
21 Déc 2022, 23:18
Giraud, candidat de Roosevelt à la direction des Français, surprendra quelque peu, arrivant à Gibraltar, en annonçant à Eisenhower qu'il prenait le commandement. (du débarquement en AFN.) Il fallu le ramener à une plus juste vision des choses, mais il bouda une semaine.
Devenu "commandant civil et militaire" en AFN, il estima l'avoir emporté dans son duel avec De Gaulle grâce à sa conduite des opérations en Tunisie, où il avait assuré la victoire alliée.
(En réalité, comme le signale Dynamo, il avait repris les mauvaises habitudes de 1940, mais heureusement secondé par Juin, qui était d'un autre niveau.)
Je ne vais pas lister toutes ses inepties, mais en sens inverse, arrivant à Vichy après sa spectaculaire évasion de Königstein, il eut une mauvaise surprise : Laval menaçait froidement de le renvoyer en Allemagne, ce qui mérite d'être signalé.
Pour avoir la paix, et sans trop y voir malice, il signa un peu légèrement une lettre où il engageait sa parole auprès de Pétain de ne jamais rien entreprendre qui soit contraire à ses ordres. Publiée par les journaux de zone libre, elle devait plus tard lui valoir quelques malentendus avec les journalistes anglo-saxons.
Pour synthétiser le personnage, il suffit de signaler qu'il reprochait à De Gaulle de "faire de la politique", ce dont lui-même ne voulait pas entendre parler. "Un seul but, la victoire" c'était son slogan et ce fut le titre de ses mémoires. De Gaulle, on le sait, se battait pour la victoire mais également pour quelques autres petites choses : l'indépendance de la France, la démocratie...