Dog Red a écrit:
Question à François :
"Moi j'ai le don de simplifier les problèmes, les ramener à leurs données essentielles, alors que les généraux sont encroûtés dans leurs techniques dépassées" (4')
Quel est le contexte de cette affirmation ?
en voilà une qu'elle est bonne !
eh bien c'est une citation arrangée.
Dans
Hitler m'a dit (édition originale, octobre 1939, p. 22), Hermann Rauschning fait dire à Hitler :
"Et qui dit que je songe à faire une guerre comme celle qu'ont entreprise les insensés de 1914? Est-ce que tous nos efforts ne tendent pas, au contraire, à l'éviter? La majorité des hommes manque décidément d'imagination." Le visage d'Hitler se contracta en une grimace méprisante. "Ils sont tout juste capables de se représenter l'avenir d'après leur pauvre petite expérience personnelle. Ils n'entrevoient ni le nouveau, ni le surprenant.
Les généraux ont le cerveau aussi stérile que les autres. Ils restent encroûtés dans leur technique professionnelle. C'est toujours ailleurs que dans les milieux de techniciens qu'on rencontre le génie créateur,
Moi, j'ai le don de simplifier et de ramener les problèmes à leur donnée essentielle. On a voulu faire de la guerre une science hermétique et c'est pourquoi on l'a entourée d'un appareil solennel. Comme si la guerre n'était pas la chose la plus naturelle du monde. Elle est de tous les temps et de tous les lieux, elle est quotidienne, elle n'a pas de commencement, pas plus qu'il n'y a jamais de paix. La vie est une guerre, chaque lutte que nous menons est une guerre, la guerre c'est l'état naturel de l'homme. Retournons en arrière, remontons, si vous voulez, jusqu'à l'époque de l'homme non civilisé. Qu'est donc la guerre sinon ruse, tromperie, stratagèmes, attaque et surprise? " (en ligne :
http://www.bibleetnombres.online.fr/pdf ... _a_dit.pdf , p. 10)
Non seulement les deux propositions sont inversées, mais la phrase est très générale alors que le commentaire semble la situer pendant la drôle de guerre. Il n'y a pas à cette époque de propos équivalent qui soit rapporté. Il engueule plutôt la
Generalität d'être timorée.
Ce commentaire est digne de Frieser : il pousse des formulations traditionnelles, déjà tout à fait insatisfaisantes, jusqu'à la caricature. Cela ressemble aussi, de ce point de vue, au chapitre sur la bataille de France du rapide
Hitler de Chapoutot et Ingrao, où on voit l'ex-caporal "resté au pas du fantassin de 14-18", être carrément hostile à la motorisation.
En ce qui concerne les erreurs, je redis ce que j'ai dit hier sur un autre fil : toutes datent de l'ère Churchill... et donc n'en sont pas, ou du moins ne procèdent pas d'une incapacité foncière. Elles résultent de tentatives de plus en plus désespérées de se dégager du filet qu'a lancé le Vieux lion.
Le reproche de ne pas se remettre en question est aussi à nuancer. Il faut faire une place importante à la propagande, celle du moment et, vers la fin, celle à l'usage de la postérité.
Autre défaut du film, autre espoir que la période actuelle fasse bouger les choses : une cécité complète sur la façon qu'a Hitler d'être stratège, en mélangeant intimement les manoeuvres militaires et politiques. Ce n'est pas orthodoxe, mais ça marche longtemps et le mène très haut !