bernard-1954 a écrit:J'ai lu récemment L'ami américain.
Le cas de la France en 1940 est particulier. J'ai lu beaucoup sur les aspects politiques, c'est un sujet passionnant (et dramatique) . Il y a un petit parallèle avec la Yougoslavie dans la mesure où le gouvernement français a envoyé auprès des allemands une délégation pour demander quelles seraient les conditions d'un armistice. Les allemands attendaient la délégation avec les papiers prêts à être signés et ont insisté lourdement pour qu'elle les signe.
Il ne s'agit, là, que du seul aspect officiel "diplomatique", inhérent à la négociation d'un possible armistice, sollicité par la gouvernance en place, mais çà n'a rien à voir avec le déroulement du conflit.
Dans le cadre d'un Armistice, il convient de ne jamais oublier que celui de novembre 1918 était sérieusement resté en travers de la gorge des "Allemands", notamment de ses cadres militaires, car, entre le 11 novembre 1918 et le 7 mai 1919, date de remise du "traité de paix" aux plénipotentiaires "allemands", l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie s'étaient retrouvées au ban des Nations, privées de toute structure militaire et amputées d'une partie de leurs territoires, voire carrément démantelées, pour ce qui concerne l'empire "autrichien".
Si on fait un retour en arrière, fin janvier 1871, la toute fraiche III
ème République, issue d'un coup d'état parisien, avait, elle-même, été amenée à devoir capituler "militairement" - avec, au "passage", le siège de Paris et ses conséquences sur la population encerclée -, alors que, dans les faits, la défaite de Sedan, fin août 1870, et Napoléon III se constituant, alors, prisonnier de son vainqueur, avaient, de fait, officialiser la "capitulation" de l'armée française!
La II
Ième République s'était empressée de faire passer la période septembre 1870-janvier 1871, pour une page de gloire "héroïque", alors que, dans les faits, nos troupes levées et rassemblées à la-va-vite s'étaient, globablement, prises "tôle sur tôle", avec de lourdes pertes humaines (pour l'époque!) à la clé, pour aucun résultat! En prolongeant inutilement le conflit, la France s'était retrouvée amputée de l'Alsace-Moselle - à l'origine des territoires de culture germanique, depuis de longs siècles, mais, bon, passons ! - et à devoir payer, ayant déclaré la Guerre, en juillet 1870, puis l'avoir perdue, une lourde indemnité financière à son Vainqueur, à savoir 5 milliards de francs-or dans un délai de trois ans, dont 1,5 milliard en 1871!
Bizarrement, alors que la gouvernance de la IIIème République n'avait cessé de stipendier à plaisir les carences et incompétences du "Second Empire", même après les dépenses exigées par la poursuite des combats durant un "semestre", le "Trésor" national, accumulé par "Badinguet", tant décrié (!) et ses gouvernances, avait permis de régler "
rubis sur ongle" les sommes exigées et, même, de les anticiper!
Si on fait exception de "
l'épisode de la Commune parisienne" (18 mars-21 mai 1871), la France, économiquement et militairement, s'était très vite refaite une "santé", tout en sachant que sa volonté de mettre sur pied une armée de 800 000 "pinpins", plus sa réserve, avait pénalisé sa Marine - sans parler des errances de la "
Jeune Ecole" qui avaient sévi jusqu'en 1905!
IL y a un "truc" qu'il convient aussi de prendre en compte avec le Traité de Versailles du 7 mai 1919; c'était la toute première fois, où des Nations puissantes, dotées d'un long historique, vieux de plusieurs siècles - en gros, il remontait au "partage de l'an 800", sous le règne de Charlemagne - s'étaient retrouvées, ainsi, "humiliées" et réduites à l'état de "nations-croupions".

... Sans parler de la Société des Nations, un aimable "foutoir", qui avait resurgi, en 1945, avec la création de l'ONU, où l'Allemagne, ni l'Autriche, n'avaient pas droit de figurer!
Après la capitulation sans condition, en mai 1945, de la gouvernance du "
III. Reich", alors représentée par l'
Admiral Dönitz, et de la
Wehrmacht, on avait globablement pris soin, les années suivantes, de ne pas excessivement humilier le "
Vaincu". Les débuts de la
Guerre Froide, dès 1946, avec l'URSS, avaient aussi faciliter cette "normalisation".
Au final, il est très compliqué, à l'aide de quelques tableaux "statistiques", de prétendre vouloir "résumer" les offensives allemandes entre septembre 1939 et avril 1941. La tactique militaire, pourtant essentielle, n'y est pas prise en compte, ni les points forts ou faibles des belligérants, en oubliant les armées belges, néerlandaises, luxembourgeoises, qui, elles, n'avaient pas les moyens, en matériel et personnel, de s'opposer à leur adversaire, au printemps 1940! On retrouve une situation similaire, lors de la Campagne des Balkans, avec l'armée grecque, même renforcée par le BEF! Par contre, çà s'était aussi sérieusement compliqué pour les Allemands, en Crête!