Marc DEJOUX, infirmier militaire, grade adjudant chef, est fait prisonnier en 1940. Il est interné au Stalag IVB, situé à 48 kms au nord ouest de Dresden, commune de Mühlberg, Brandenburg, Allemagne.
Ce camp accueille durant le déroulement de la guerre, à la faveur des victoires nazies, des Polonais puis des Français, Britanniques, Belges, Néerlandais enfin des Russes ainsi que des Américains et des Danois.
Le camp est libéré le 23 avril 1945 par l'armée rouge qui, ensuite, en fera bon usage pour procéder au traitement des ennemis du peuple.
En Août 1940, la famille est informée par le Comité International de la Croix Rouge que Marc a été fait prisonnier et qu'il a été dirigé vers le Stalag IV B.
Les très nombreuses lettres, d'une belle écriture, envoyées du Stalag par Marc à sa famille n'ont pas toutes été récupérées. La première de celles retrouvées est rédigée le 19 mars et oblitérée le 27 mars 1941.
Sur celle ci, il confirme avoir reçu un colis de 5 kgs dont le contenu était en bon état mais il précise que les autres colis annoncés les deux derniers mois sont paraît il égarés.
Il reçoit des nouvelles de Paris, une nouvelle preuve avec le colis, qu'il n'y a pas de restrictions, d’empêchements, ou de détournements pour ce qui concerne la correspondance des prisonniers avec l'extérieur, encore que.
Dans sa lettre du 4 avril 1941 il accuse réception d'un autre colis de 5 kgs qui contenait du miel et de l'ail qui commençait à germer. Il a de bonnes nouvelles de Paris. Précédemment dans sa lettre du 19 mars 1941, il déplorait que des colis ne lui étaient pas parvenus.
Dans sa lettre du 6 mai 1941, il pense sans doute être libéré, il écrit « Bonjour à tous, espérons à bientôt »
En effet, il fut libéré, peut être parce qu’il était soutien de famille ou pour raisons de santé. Le motif et la date exacte de sa libération ne sont pas connus. La première correspondance recueillie après sa libération, une lettre postée à Paris à destination de Bergerac. C'est une carte, un entier postal à effigie de Pétain, en date du 31 août 1941. De retour à Paris il prend ou reprend son activité travail comme maître d’hôtel.
A cette époque l'alimentaire, surtout de qualité, se faisait encore plus rare dans la zone occupée. Beaucoup de Français pour qui une possibilité de s'approvisionner en nourritures se présentait à eux, n'hésitent pas à se faire expédier des colis de nourriture en partance de la zone Sud. Ainsi Marc utilise ses réseaux pour recueillir des denrées qui manquent tant, surtout à Paris. Parmi celles ci, boites de foie gras en bonne quantité, lapins mais aussi savon, café et pommes de terre.
La poste interzone fonctionne à merveille, ainsi les colis qui arrivent à bon port sont nombreux et remplis de bonnes choses. Oui mais...gare à l'opération Anton.
Les Allemands envahissent la zone dite libre 11 novembre 1942. Marc en fait la remarque sur sa lettre du 7 décembre 1942 et note que «...les circonstances ne sont plus les mêmes, qu'il y a quelques mois »
Lettre du 10 janvier 1944, les délais d'acheminement du courrier s'allongent considérablement. Les réseaux ferroviaires sont mis à mal par les bombardements et les sabotages mais Marc attribut les retards aux fêtes de fin d'année !!!
Alors que rien n'indique dans sa nombreuse correspondance et même dans sa lettre du 10 janvier 1944 que sa santé était altérée, sauf peut être un léger traitement qu'il dit suivre sans en indiquer la gravité.
Il décède subitement le 24 janvier 1944.
Dans une lettre du 4 octobre 1942, il précise qu'il suit un traitement : Des ampoules de Hépavita ainsi que des piqûres intramusculaires de tricalcine.
Les obsèques ont lieu en la cathédrale Notre Dame de Paris ce qui n'est pas rien. Avait-il de hautes relations ???!!!
PS: Tous ces documents m'ont été remis par une personne de la famille avec autorisation de les diffuser. Je remercie Monsieur Sigurel.

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