Dog Red a écrit:C'est beaucoup moins vrai lors de la retraite allemande d'août 1944 (contexte du présent fil), quand les divisions allemandes ont fondu comme neige au soleil et, dans le pire des cas, se trouvent parfois réduites à quelques centaines d'hommes et quelques dizaines de véhicules ; au point où les formations les plus décimées se regroupent en "Kampfgruppen" de circonstance.
Néanmoins, ces colonnes peuvent encore s'amalgamer au détour d'un chemin comme à Goegnies-Chaussée (frontière franco-belge) où le 3 septembre au matin l'aviation US fait un carnage sur un embouteillage s'étendant sur 7 kilomètres.
Dans le même temps, les colonnes allemandes hétéroclites s'étirent sur plus de 15 km sur la RN entre Valenciennes et Mons.
C'est bien pour çà, qu'il s'agit de raisonner en fonction du contexte et de la situation "locale" existante. Dans la France de l'été 1944, les formations de maquisards et francs-tireurs avaient été très actives, d'où la nécessité pour les unités "débandées" de se constituer en Kampfgruppen, suffisamment importants et armés pour calmer leurs ardeurs.
Au sein des "éléments motorisés", régnait l'angoisse du ravitaillement en carburant, avec les yeux des conducteurs louchant en permanence sur leurs jauges; durant la "bataille en ligne", en Normandie, les appros en carburant tiraient déjà très sérieusement la langue, çà n'avait pas dû s'arranger lors du mouvement général de "repli".
On avait un problème similaire avec les bourrins, même si les formations trimbalaient dans leurs rangs des chariots de fourrage; il n'était pas question de laisser le temps aux bêtes de paitre tranquillement dans les champs environnants, d'autant que le paysan français venait d'effectuer sa récolte et que dans les prairies, relativement rares selon les secteurs, l'herbe, en plein mois d'août, était souvent de médiocre qualité.
Il convient de ne pas oublier, non plus, le problème du ravitaillement en munitions, tout aussi compliqué que celui en carburants, ni, pour bon nombre d'unités engagées en Normandie, la fatigue accumulée durant les "10 semaines" de combat, aggravée par l'effet négatif de l'ordre de "repli".

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