
C’est sous l’impulsion du contre-amiral Robert Battet, commandant les forces navales françaises en Corse que le Groupe Naval d’Assaut de Corse peut voir le jour en 1943, après la libération de l’île. Il regroupe des marins, tous volontaires, triés sur le volet, entraînés et armés par les Alliés pour des missions de type commando. La spécialité du GNA est d’aborder les côtes en territoire ennemi à partir de rubber boats (canots pneumatiques) pour effectuer des opérations de sabotage, de collecte de renseignements ou d’exfiltration d’agents sur les côtes italiennes. La petite unité est commandée par le capitaine de corvette Roland Sériot qui était le second de Battet à bord du croiseur Émile-Bertin. Elle relève directement du contre-amiral Battet.
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Avant de commander les forces navales françaises en Corse, le contre-amiral Battet, pilote d’hydravions durant la Grande guerre a été directeur du Cabinet Militaire de l’amiral Darlan en 1942. Promu Commandeur de la Légion d’Honneur le 22 novembre 1941 pour s’être brillamment comporté à bord du croiseur Émile-Bertin dont il occupe le commandement lors des opérations en mer du Nord et à Narvik, il effectue une mission spéciale aux États-Unis auprès de l’US Navy. Il rejoint l’Algérie lors de l’opération Torch en novembre 1942 où il coordonne la coopération des forces navales françaises avec l’US Navy en Méditerranée.

La mission de la Rosie Force :
Le Groupe Naval d’Assaut de Corse est désigné pour la mission Rosie Force. La tâche des commandos est de prendre pied à l’est des plages où doit débarquer dans la matinée du 15 août 1944 la 36th Infantry Division du Major-General John Ernest Dahlquist, unité qui avait subi de lourdes pertes lors du franchissement du fleuve Rapido durant la bataille de Monte Cassino. Ils doivent couper la route de la corniche de l’Estérel afin d’empêcher l’acheminement de renforts allemands par la nationale 98 et la RN 7 distante de cinq kilomètres. Le secteur côtier est couvert par des Ostruppen de l’Ostbataillon 661 (ex estnische Sicherungs-Abteilung 183 ) composé de volontaires provenant des bataillons de sécurité d’Estonie.
Soixante-sept hommes triés sur le volet ont été sélectionnés pour cette mission et répartis en deux groupes ; le premier sous les ordres du capitaine de corvette Gérard Marche comprend 42 commandos et le second avec 25 hommes commandés par le lieutenant de vaisseau Letonturier. Le groupe embarque à bord de quatre Patrol Torpedo Boats et quitte le port de Bastia vers 18 heures le 14 août. Ces PT boats font partie de la Beach Jumper Unit-1 (composée des canonnières HMS Aphis, Scarab, Stuart Prince et Antwerp ainsi que trois dragueurs de mines) qui mène des opérations de déception et de diversion. Son chef est un des acteurs les plus célèbres d’Hollywood, le Lieutenant Commander Douglas FAIRBANKS Jr.
Les falaises rouge sang :
Dans les premières heures du 15 août, les PT boats déposent les deux groupes de commandos à 1800 m des côtes provençales qui prennent place à bord de rubber boats. Lourdement chargés avec des havresacs contenant 30 kg d’explosifs, les hommes accostent dans la calanque des Quatre Frères entre Théoule-sur-Mer et le Trayas. Ils se préparent à aborder l’ascension des falaises rouges quand une suite d’explosions retentit dans la nuit. Le capitaine de corvette Marche ignore que le secteur a été entièrement miné sans que la résistance ait pu déceler les opérations de minage. Pour les commandos la situation est très grave, ils ont été repérés et sont immobilisés. Certains tentent de retourner à bord des canots pneumatiques mais sont mitraillés par erreur par des avions britanniques. L’unité est décimée. Onze hommes perdent la vie au flanc de la falaise dont le capitaine de corvette Marche. Il y a une trentaine de blessés parmi lesquels le lieutenant de vaisseau Letonturier. Sept commandos parviennent à rejoindre à la nage un PT boat. Les blessés sont laissés au bord de la route et seront récupérés par des fantassins de la 36th Infantry Division. Les survivants sont cueillis par les défenseurs et emmenés à pied vers Grasse. Vers Auribeau-sur-Siagne, un groupe de résistants du groupe AS 24 parvient à libérer dix commandos.
Le Groupe Naval d’Assaut de Corse est affecté par la suite à la protection des ports des côtes languedociennes avant d’être dissous en septembre 1944.
Sur la route menant de Théoule-sur-Mer à la Napoule, une stèle sur laquelle sont inscrits les noms des marins tués est adossée à une croix de Lorraine rappelle le sacrifice de ces hommes tués en foulant le sol de leur pays.

Capitaine de corvette Gérard Marche
Enseigne de vaisseau Pierre Servel
Sergent-chef de l’infanterie coloniale Marius Arzallier
Second maître de manœuvre Pierre Fichefeux
Second maître fusilier Albert Courlou
Quartier-maître de manœuvre René Cacaud
Quartier-maître canonnier Jacques Guidoni
Matelot canonnier Henri Braconnier
Matelot fusilier Pierre Dourous
Matelot gabier Henri Guilcher
Matelot fusilier Georges Mignot
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MORTS POUR LA FRANCE

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